Neuf nouveaux "Trésors", classés par la Fédération Wallonie-Bruxelles

écrit par YvesCalbert
le 01/05/2020

En cette longue période de confinement, nos musées étant fermés depuis la mi-mars, soulignons que la Fédération Wallonie-Bruxelles a, récemment, reconnu neuf oeuvres remarquables comme « Trésors », valorisant, ainsi, ces fleurons de notre patrimoine artistique et culturel, les protégeant au mieux, aidant à leur retauration et empêchant leur vente à l’étranger.

Cette décision a été prise par la Ministre régionale de la CultureBénédicte Linard, conformément à un décret wallon du 11 juillet 2002, permettant de classer comme « Trésors » les biens qui présentent un intérêt notable pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, de part leur qualité esthétique, leur rareté ou leurs liens avec l’histoire, qui ne sont plus à démontrer.

Voici donc la liste de ces 9 nouvelles oeuvres d’art classées comme « Trésors », par la Fédération Wallonie-Bruxelles :

*** Ange en Prière : une sculpture en albâtre, datant de la fin du XIVè siècle, son origine étant mystérieuse. Vu la typologie d’exception de cette sculpture, liée à un contexte de qualité, propriété de l’asbl « Société royale d’Archéologie, d’Histoire et de Paléontologie de Charleroi », a été classée  le 20 décembre 2019.

*** Ensemble de 167 Modèles d’Animaux en Cire : Réalisés à la fin du XIXè siècle, ces 167 objets en cire, représentant fidèlement des animaux ou des embryons, ont permis de révolutionner le quotidien des scientifiques et des étudiants, en leur permettant de visualiser le développement des animaux en trois dimensions. Ce patrimoine didactiqueensemble cohérent d’une rareté incontestable, présent à l’« Aquarium-Museum Universitaire de Liège », a été classé le 20 décembre 2019.

*** Gobelet aux Armes de la Ville d’Anvers : Ce premier bien en verre, classé par la Fédération Wallonie-Bruxelles, nous vient du XVIè siècle, étant, sans doute, une commande de hauts dignitaires d’Anvers. A cette époque, la représentation de blasons de famillesur des récipients en verre, est courante. Par contre, la représentation du blason d’une Ville est rare. Seul un autre exemplaire est connu à ce jour et conservé à Stockholm. Ce gobelet réalisé en véritable verre de Murano, une île sise dans la lagune de Venise, où le travail du verre est de renommée internationale - présent au « Musée du Verre de Charleroi », a été classé le 25 janvier 2020

*** Corne à boire : Le deuxième bien en verre, d’une grande originalité, de couleur vert émeraude - une teinte de grande rareté - est particulièrement  profond et intense. Réalisée en verre bullé, cette corne à boire, d’une qualité technique exceptionnelle, démontre la dextérité du verrier. Montée à la manière d’une cloche de table, elle est sommée d’une structure décorative en cuivre doré démontrant une collaboration parfaite avec un orfèvre. Présent à l’« Hôtel de Groesbeeck-de Croix- Musée des Arts décoratifs », à Namur, cet objet a été classé le 25 janvier 2020 .

*** Tableau « Le Terril » : Cette oeuvre a été réalisée, en 1898, par Cécile Douard (1866-1941). Elle représente des ouvrières en train de ramasser des morceaux de charbon. Dans un décor dantesque, aux couleurs sombres, les femmes bravent la poussière et jouent des coudes pour atteindre le sommet du terril, où les wagonnets déversent la pierraille. Confrontée à la misère de la classe laborieuse du BorinageCécile Douard est animée de préoccupations sociales. Elle veut peindre les conditions difficiles des ouvriers et en particulier celles des femmes. Son œuvre est constamment rattachée au courant du réalisme social et comparée à celle de Constantin Meunier (1831-1905). Ce tableau « Le Terril », présent aux cimaises du « Musée La Boverie », à Liège, a été classé le 04 février 2020.

*** Diptyque Palude : Du nom de son commanditaire, ce double panneau polychrome a été réalisé entre la fin du XVè siècle et le début du XVIè siècle. Oeuvre anonyme, vraissemblablement réalisée par un peintre local, son  premier panneau illustre le martyre de Saint Lambert , tandis que le deuxième représente la Nativité. Étant donné son grand intérêt artistique et historique, son excellent état de conservation et son lien séculaire avec la Cathédrale Sain-Lambert, à Liège, ce dyptique Palude, désormais présent au « Musée du Grand Curtius », à Liège, a été classé le 04 février 2020.                                                                                                  

*** Deux Tapisseries : Arborant les Armes d’ Adrien de Croÿ (1500-1553) - premier Comte de Rœulx  -, ellles ont été tissées de laine et de soie, ces deux tapisseries peuvent être datées du deuxième quart du XVIè siècle. Traitées en imitation de velours damassé, elles montrent les Armes du commanditaire sur fond de bandes verticales rouges, bleues et jaunes. D’une grande rareté, en plus de leurs qualités intrinsèques de réalisation très soignée, ces deux tapisseries constituent un remarquable témoignage de la façon dont les nobles, de la fin du Moyen Âge et du début de la Renaissance, « emblématisaient » leur décor journalier, que ce soit au cours de leurs déplacements ou chez eux. Présentes au "TAMAT" (« Centre de la Tapisserie, des Arts Muraux et des Arts du Tissu »), à Tournai, elles ont été classées le 04 février 2020.

*** Troisième Album photographique dit « de Saint-Paul de Sinçay » : classé, par la Fédération Wallonie-Bruxdelles, après les deux premiers albums, en 2012, aujourd’hui exposés au « Musée de la Métallurgie et de l’Industrie », à Liège, alors que ce troisème album est conservé par l’Université de LiègeCes trois albums, témoignant de l’histoire économique, industrielle et sociale de la région, sont de précieux répertoires photographiques des métiers exercés dans les Usines à Zinc de la « S.A. de la Vieille Montagne », sise à Angleur-lez-Liège. Réalisé dans les années 1860, à l’initiative de cette S.A., ce corpus compte deux albums consacrés aux employés et cadres de l’entreprise, photographiés en tenue de ville, contre un seul pour l’ensemble des ouvriers, photographiés en vêtements de travail et envisagés selon une typologie des fonctions. Le patronyme, la profession et lusine où travaille chaque portraituré figurent sous la photo. Présent au « Centre d’Histoire des Sciences et des Techniques »de l’Université de Liège, ce troisième album photographique dit « de Saint-Paul de Sinçay ​» a été classé le 27 février 2020.

*** « Sedes Sapientiae » : Cette Vierge assise sur un trône, portant l’Enfant Jésus sur ses genoux, est une sculpture en bois polychromé, datant du dernier quart du XIè siècle. Présentant un style et une iconographie très archaïqued’un grand intérêt artistique, elle est étonnamment méconnue. Attachée à un pèlerinage à la Vierge, elle est, depuis 1081, conservée dans la basilique de Tongre-Notre-Dame, une localité de la Ville de Chièvres, cette « Sedes Sapientiae » étant classée depuis le 27 février 2020.

Voici une bien utile mise en valeur de ces 9 oeuvres d’art, désormais reconnues comme « Trésors », par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Yves Calbert.

 

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