Une conférence de presse sur ZOOM

écrit par admin
le 16/04/2020

Au lendemain des décisions du Conseil National de Sécurité, voici les premières réactions à chaud du secteur culturel, mais pas que.

SUITE A LA VIDEO-CONFERENCE DE PRESSE SUR L’IMPACT DES DECISIONS DU CONSEIL NATIONAL DE SECURITE SUR LES CLIENTS DU SECTEUR CULTUREL DE L’AGENCE CARACASCOM

INTERVENTION DE LAURE HOUBEN, RESPONSABLE COMMUNICATION BPS22, CHARLEROI
- Le BPS22 est prêt à ouvrir ses portes le 4 mai si on a le feu vert !
- Le BPS22 dispose d’une grande surface d’exposition. Le musée de Charleroi ne rencontre pas la foule comme les expos blockbusters de Bozar ou Kanal à Bruxelles. Les exigences en matière de distance de sécurité peuvent être largement garanties, elles le sont déjà naturellement d’habitude et le flux peut aussi se gérer à l’entrée.
- Actuellement, nous sommes actifs sur nos réseaux et sur différentes plateformes : les équipes du Musée partagent, deux fois par semaine, leurs coups de coeur en donnant une analyse personnelle sur la page Facebook du BPS22. Plus d'une centaine d'oeuvres sont également accessibles en ligne via bps22.collection.be. Sur le web toujours et via la chaîne Viméo du BPS22, à découvrir de manière totalement exclusive, des vidéos d'archives d'artistes et des billets d'humeur des commissaires. Le BPS22 pense également aux familles confinées et propose, deux fois par semaine, des cahiers d'activités sous forme d'ateliers pour créer à la maison.

INTERVENTION DE JEAN-MICHEL HEUSKIN, DIRECTEUR DE LA CITE MIROIR, LIEGE
- l’exposition temporaire en cours sur le thème du Goulag a ouvert ses portes le 6 mars et a fermé le 13. Elle est toujours montée.
- des captations ont été réalisées et une visite virtuelle est en cours de montage à destination, en particulier des enseignants et des chercheurs (mais aussi du public) afin de garantir un accès
à l’exposition et de garantir sa pérennité. La destination suivante de l’expo, Limoges est annulée, donc Liège pourrait prolonger cet été…
- dans le registre du Théâtre, tous les spectacles ont été reportés dans la mesure du possible.
Mais avec une programmation annuelle de près de 300 événements par an, la gestion de l’agenda s’avère compliquée et un engorgement est à craindre.
- pour ce qui concerne le parcours permanent, les mois actuels représentent les mois de plus grande fréquentation sur l’année, donc les pertes sont très importantes.
- afin de garder le contact avec le public, la Cité Miroir a fait le choix de communiquer sur les événements passés et les gros événements à venir.
- pour les grands événements prévus à la rentrée, une grande exposition Giacometti est prévue automne 2020. Les risques sont très gros. Il est impensable d’ouvrir une grande exposition sans
avoir une garantie sur les recettes (restrictions,…). Des discussions sont en cours avec la Fondation.
- durant l’été, comme la programmation est annulée, la Cité Miroir veut mettre ses espaces à la disposition des artistes et des compagnies qui sont très impactés.
- La Cité Miroir est prête à ouvrir le 4 mai ! Mais il y a un doute de pouvoir rouvrir avant cet été.
- pour les grandes expositions, il est possible de respecter la distance « physique » (terme préféré à celui de la distance sociale).

INTERVENTION DE MARIE KUPPER, DIRECTRICE D’EUROPA EXPO
- Europa Expo s’en tient aux recommandations du Bourgmestre de Liège : interdiction des festivals et rassemblements culturels jusqu’à la fin juin.
- l’exposition couvre 2000 m 2 : il est possible de filtrer les entrées et de respecter les distances, c’est déjà possible avec le système existant de ticket horodaté.
- l’exposition est autofinancée à 90%, la fermeture est donc un souci majeur, la société est à l’arrêt.
- la production des expos suivantes est en stand by et reportée à décembre ou au même au printemps, les accords sont en cours de négociation avec les prêteurs.
- l’expo en cours consacrée à Toutankhamon est prolongée et annoncée jusque fin août, audelà, il faut négocier avec les prêteurs
- en termes de maintien du contact avec le public, le catalogue est vendu en ligne pour préparer sa visite, à la demande des visiteurs/public
- des contacts avec le public sont assurés par une présence sur les réseaux sociaux

INTERVENTION DE JUSTINE MATHONET, CO-DIRECTRICE DE LA CHATAIGNERAIE, CENTRE WALLON D’ART CONTEMPORAIN, FLEMALLE
- les centre d’art est dans le flou
- l’exposition en cours consacrée Anne de Gelas a été fermée et est clôturée, la suivante, consacrée à Pierre Lahaut, a été annulée, la prochaine exposition a lieu le 4 juin, peu d’espoir
que cela puisse se faire. Elle sera sans doute reportée, le calendrier de la Châataigneraie en juillet-août le permettrait.
- les mesures de distanciation peuvent être respectées car le nombre de visiteurs qui visite les expos simultanément est toujours réduit et gérable. Les visites guidées seront évitées.
- l’entrée de la Châtaigneraie étant libre ses recettes ne sont pas impactées.
- la question du maintien des subsides reste à ce stade sans réponse.
- à noter que pour le Prix de la Jeune Sculpture, importante Biennale de la rentrée, une très grande quantité de dossiers d’artistes ont été réceptionnés (clôture de candidatures hier) …
signe que les artistes cherchent activement des possibilités d’exposition, d’aide et de visibilité.
- le contact avec le public est maintenu sur les réseaux sociaux avec des publications culturelles d’institutions collègues ou de la région (comme par exemple l’expo Zéro Budget).
- un appel a été lancé via les réseaux sociaux aux visiteurs afin qu’ils partagent leurs coups de coeur lors de leurs visites passées du centre d’art en vue de la création d’un album pour le 40e anniversaire de la Chataigneraie.

INTERVENTION D’ALICE HERMAN, DIRECTRICE DU SERVICE COMMUNICATION DU MUSEE ROYAL DE MARIEMONT
- le Musée Royal de Mariemont a mis une Cellule de Crise en place, qui se réunit régulièrement pour traiter la fermeture, l’impact sur les prêts, la programmation à venir et les activités
annulées ou reprogrammées sous un autre format, … Par ex, certaines conférences initialement prévues in situ sont programmées de manière groupées et en ligne, ce qui permet de toucher
plus de monde.
- les réseaux sociaux sont activés afin de garder le contact avec le public du musée mais surtout comme « canne à pêche » pour capter de nouveaux publics (avec des vidéos donnant la parole à l’équipe du musée, des focus sur des oeuvres et les Jeudis de la Philo,)
- les visites guidées audio (collection permanente, exposition temporaire Bye Bye Future, parc) sont en ligne sur le site du musée et sur le site Easytravel -les équipes doivent tout réinventer… la réflexion actuelle permet de mettre en place de nouvelles formes d’actions comme le « Groupe Domaine de Mariemont ». Un concours photo est lancé pour les passionnés du domaine (avec les photos réalisées par le passé et portant sur le parc, le musée, les expos…). Les gagnants reçoivent des entrées. Le but étant des créer des interactions avec l’Après-confinement.
- le service pédagogique du Musée Royal de Mariemont propose un nouvel outil, un carnet de
dessin, invitant les familles à découvrir les trésors dessinés à la maison « en vrai » après le
confinement. Les équipes tentent de rester disponibles pour les visiteurs et de réfléchir à l’Après.

INTERVENTION DE CARL HAVELANGE, DIRECTEUR ARTISTIQUE DU TRINKHALL MUSEUM, LIEGE
- notre nouveau musée devait ouvrir ses portes le 19 mars, juste au début du confinement… dans
notre cas, il s’agit d’un nouveau musée, d’une nouvelle politique muséale qui n’avait pas encore
d’existence… la situation permet de continuer à réfléchir. Cette situation qui nous est imposée
doit nous être utile. La mission du projet est de défendre la puissance expressive des mondes fragiles : cette question est actuelle !
- Plutôt que de tenter de maintenir un lien avec un public (encore à conquérir dans notre cas), nous approfondissons donc notre réflexion sur notre programme muséal et la dimension de la recherche qui s’organise autour du musée. La place du musée dans notre société est à repenser.
- pour l’ouverture du musée, nous misons sur septembre, terme raisonnable, sans savoir où l’on en sera
- à ce jour, le musée ne peut pas programer les expositions d’été qui sont liées à de nombreux partenaires. Elles sont dans la mesure du possible reportée à la rentrée.

Intervention de Anne-Françoise Lesuisse, Directrice de la BIP (Chiroux, Liège)
- le centre culturel des Chiroux a annulé sa programmation jusqu’au 30 juin, suite aux recommandations de la Ville de Liège (spectacles, concerts, expositions). Les Chiroux vont tenter de reporter un maximum de choses, en sachant que la saison prochaine est déjà remplie et que cela crée un engorgement, un effet entonnoir… On sauve les meubles
- la situation des créateurs est très problématique (contrats annulés de manière brutale pour cas de force majeure). Les Chiroux tentent de garantir un minimum de revenu aux artistes. Tout le monde culturel est en difficulté.
- pour BIP, les organisateurs font « tout comme si » on pouvait ouvrir la Biennale du 17 septembre au 25 octobre. Le travail avec les artistes continue.
- le thème central de la Biennale est « quel impact a la création sur le réel ». Dans ce contexte, on s’interroge sur l’impact qu’à le réel sur la culture… L’idée sera de rassembler les gens sur la question de l’Après-Covid dans le monde de la Culture. On espère rebondir sur l’actualité ou au moins l’aborder.
- BIP est active sur une dimension informative à ce stade
- le digital pose beaucoup de questions sur le plan de la communication, la manière d’appréhender les oeuvres et cela laissera des traces en matière de gratuité, d’accès à une plus grande masse d’information qu’avant, de partage de la création dans un espace confiné.

INTERVENTION DE FRANCIS TOURNEUR, SECRETAIRE GENERAL DE PIERRES ET MARBRES DE WALLONIE
- Pierres et Marbres de Wallonie fête ses 30 ans en 2020, des manifestations étaient prévues à la rentrée.
- les foires et salons auxquels participe l’asbl (dont Batibouw qui a été la dernière grande manifestation accessible), sont annulées ou reportées en Belgique, au Luxembourg et dans le Nord de la France. La question de l’ouverture des frontières reste ouverte.
- une exposition itinérante mise sur pied avec la Région Wallonne sur les métiers de la pierre a été interrompue et reportée, avec une implication sur divers partenaires
- la collaboration avec la faculté d’architecture de l’Université de Liège a été impactées : les ateliers, séminaire sur le métier d’architecte et les matériaux, le jury de fin d’année sont impactés
- le cycle de conférences de niveau international initié avec de l’Université de Liège a été interrompu après 2 premières conférences, la 3e, consacrée à Gilles Perraudin. Des contacts sont pris avec la Théâtre de Liège, partenaire de la conférence pour postposer en octobre, si l’agenda le permet.
- visites de carrières, séminaires, … tout est à l’arrêt.
- l’asbl essaie de profiter du confinement pour avancer sur de nouveaux projets, dont la digitalisation d’un fonds d’archives (mise en place d’une iconothèque) rassemblant des cartes postales, des actions (reflétant l’histoire économique du secteur), rarement accessibles en bibliothèque.
- la sensibilisation du grand public entamée avec le label « Pierre locale » (en liaison avec le label Bois local) défend le circuit court, sujet dans l’air du temps sur lequel l’asbl compte rebondir et défendre l’idée de la création de clauses environnementales, embra yer sur le commerce équitable, l’achat responsable.
- la question des subsides régionaux est très floue, silence-radio des cabinets. On craint que les secteurs non prioritaires, dont la culture, soient sacrifiés.

À NOTER SUITE AUX Q/R
- Europa Expo est lié financièrement aux entrées de visiteurs : au 18 mars, la société a réuni 50% de son budget pour arriver à l’équilibre… (Les entrées financent à 90% la production de l’exposition)
- Pour la Cité Miroir, les entrées couvrent 100% du financement de l’asbl. L’impact sera estimable en fin d’exercice
- Pour Esther Verhaeghe, galeriste (galerie itinérante à Bruxelles), le digital ne remplace pas l’expérience (la magie) avec l’oeuvre. Il n’est pas possible de vendre des oeuvres de jeunes talents en ligne. Son concept itinérant lui évite des frais fixes, mais pour les artistes, l’arrêt des ventes est dramatique et la précarité est grande. Pas de vente en ligne possible même avec un soutien vidéo et une communication on line. C’est possible pour les salles de ventes et les valeurs refuges (vin, bijoux, voitures), pas pour l’art actuel et surtout pas les jeunes artistes.
- D’après les journalistes présents, les lecteurs sont preneurs de visites virtuelles pour s’occuper mais aussi pour préparer leur visite future. Le Musée de Mariemont met en ligne ses visites audio, le BPS22 propose des ateliers créatifs téléchargeables, la Cité Miroir prépare une visite virtuelle de son expo Goulag afin d’assurer la pérennité de cette expo que le public n’a pas encore pu découvrir. Il y a-t-il trop d’offre culturelle en ligne ? Quel impact cela aura-t-il ? Il semble que l’offre variée soit attendue par le public d’une part pour s’occuper mais aussi pour assurer la continuité des projets. Comment la culture va-t-elle évoluer, il faudra encadrer le digital, la culture ne peut se faire qu’à travers un écran, rien ne remplace le vécu. Mais le digital permet d’aller capter de nouveaux publics et de l’amener dans les musées plus tard, de lui faire réaliser l’importance de l’art. Tout le monde voudra sortir dès l’Après-Confinement. Il faut être sensible à la surenchère de l’internet et réfléchir à la responsabilité des acteurs culturels : veiller à la sobriété, la densité et des contenus et à la résistance (Carl Havelange, Trinkhall museum).
Éviter le consumérisme de la culture, l’obligation de rentabilité liée au nombre de visiteurs.

Résister sans savoir encore comment la société va évoluer après…
- Le numérique peut donner l’impression de nous submerger quand on est confiné, mais il ouvre des horizons. Il faut se faire confiance et faire des découvertes et voir les oeuvres de plus près, dans tous ses détails (A-F. Lesuisse, BIP)
- Pour la presse, la fermeture des expos pose aussi un problème de contenu. Comment faire des émissions, remplir ses pages…
- une piste serait de booster l’achat de tickets en ligne pour soutenir les lieux, c’est possible pour les lieux qui ont un public engagé, pour le grand public qui a des craintes ou demande ensuite des remboursements, c’est moins gérable… Tout dépend du type de public suivi par le lieu.

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