Quand la protection de la biodiversité rime avec inclusion

L’Atelier, entreprise namuroise de travail adapté, inaugure à Namur un premier mât-nichoir pour sauver les moineaux domestiques. Namur, le 08 octobre 2026 - Même en tendant l’oreille, il devient difficile d’entendre le pépiement des moineaux à Namur et dans les villes en général. Afin de contribuer à la préservation des moineaux domestiques, une espèce en voie de régression, L’Atelier installe des mâts-nichoirs à Namur.
« Ce projet s’inscrit dans la continuité de celui mené l’an dernier par la « Ferme Nos Pilifs », une autre entreprise de travail adapté active à Bruxelles. Leur action a démontré que des structures simples et bien pensées pouvaient soutenir le maintien et le retour progressif des moineaux dans les zones urbaines. Inspirés par cette réussite, nous avons souhaité déployer cette démarche à l’échelle namuroise », raconte Maxime Goffinet, Directeur Général de L’Atelier.
L’Atelier a coordonné l’ensemble du projet et s’est entouré des bons partenaires pour pouvoir le concrétiser. Les équipes des Parcs et Jardins de L’Atelier sont en charge de l’installation des mâts et des plantations qui seront réalisées autour de certains d’entre eux, afin d’offrir aux moineaux des ressources pour se nourrir.
Le moineau domestique face à une double crise de logement et de nourriture
Le moineau domestique est l’un des oiseaux les plus emblématiques de nos contrées. Étroitement lié à la présence humaine, il fréquente principalement les zones habitées et niche en colonies dans les cavités et anfractuosités des bâtiments. Or, l’évolution de nos villes lui laisse de moins en moins de possibilités de se reproduire. Isolation des bâtiments, disparition des fissures et des cavités, minéralisation des espaces urbains ou encore raréfaction de la végétation : autant de transformations qui réduisent les possibilités de nidification et les ressources alimentaires disponibles.
« On associe souvent la conservation aux espèces rares ou exotiques. Mais le moineau domestique, si familier, illustre une urgence plus silencieuse : celle des espèces communes qui disparaissent sans qu'on s'en aperçoive. Le soutenir, c'est rappeler que la biodiversité se joue aussi, et surtout, dans notre quotidien le plus proche », explique Catherine Vancsok, Directrice Scientifique de la Fondation Pairi Daiza.
Au-delà de sa valeur symbolique, le moineau joue également un rôle dans l’équilibre des écosystèmes urbains. « Préserver le moineau, c’est aussi agir pour la biodiversité en ville. La Ville de Namur est heureuse de s’impliquer dans ce projet et nous avons hâte d’en voir les premiers résultats ! », souligne Stéphanie Scailquin, Échevine de l'Urbanisme, de l'Aménagement du territoire et de la Transition écologique à Namur.
Pour aider les moineaux : leur fournir le gîte et le couvert
Pour enrayer le déclin de l’espèce, il est essentiel de préserver les colonies encore présentes et de recréer les conditions nécessaires à leur reproduction. C’est tout l’objectif du projet porté par L’Atelier : offrir le gîte grâce à des mâts équipés de nichoirs spécifiques, mais aussi le couvert grâce à la végétalisation de certains sites.
Plusieurs mâts seront installés dans des endroits propices de Namur. D’une hauteur de quatre mètres, chacun accueille plusieurs nichoirs, eux-mêmes dotés de plusieurs cavités. Cette conception répond au mode de vie du moineau domestique, une espèce grégaire qui vit et se reproduit en colonies.
La plantation d’espèces végétales indigènes autour des mâts viendra compléter le dispositif en recréant des ressources alimentaires et un couvert végétal favorables à l’espèce.
Un projet réalisé par des entreprises de travail adapté
Au-delà de son objectif environnemental, le projet illustre concrètement la manière dont une entreprise de travail adapté peut mettre les compétences de ses équipes au service d’un projet porteur de sens. Les mâts et les nichoirs sont fabriqués par la section Menuiserie d’Entranam, une autre entreprise de travail adapté située à Fernelmont. Une fois assemblé, chaque mât-nichoir mesure 4m de haut et pèse environ 100 kg. Leur installation sera assurée par les équipes du service « Parcs et Jardins » de L’Atelier, avec un ancrage à 80 cm de profondeur.
Ce partenariat permet de privilégier un savoir-faire local et un circuit court, tout en mobilisant les compétences des deux entreprises.
« Robiniers pour les mâts, mélèze pour les nichoirs et ardoise naturelle pour les toitures : les matériaux ont été choisis pour leur durabilité. Deux travailleurs ont été mobilisés pour le débitage et le montage des nichoirs et une personne pour les gravures laser. La réalisation des 30 mâts a représenté environ trois semaines de travail, auxquelles se sont ajoutées deux semaines pour les 270 gravures de numérotation », explique Fabrice Collignon, adjoint chef atelier à la menuiserie d’Entranam.
Chaque nichoir et chaque mât seront numérotés afin de permettre un suivi de leur occupation. Une première évaluation sera menée au printemps prochain afin de mesurer l’efficacité du dispositif. Pour Flavio Mantesso, responsable du service Parcs et Jardins de L’Atelier, l’enjeu est également humain : « Ce projet permet à nos équipes de mettre en pratique leurs compétences, de les valoriser et de participer concrètement à la préservation de l’environnement. » Un sentiment partagé par Michel De Mesmaeker, ouvrier au service Parcs et Jardins, ce projet revêt également une dimension très personnelle : « J’aimerais que nos enfants, eux aussi, aient la chance de voir des moineaux lorsqu’ils seront adultes. C’est une manière de préserver la nature pour les générations futures ».
Biodiversité et inclusion : un même projet
Soutenu par CAP48 et la Fondation Pairi Daiza, ce projet illustre la volonté de L’Atelier de faire de ses activités professionnelles un levier à la fois social et environnemental.
« Ce projet montre concrètement l’apport que les personnes en situation de handicap peuvent avoir dans des initiatives qui répondent à des enjeux de société », souligne Marie Raskin, Responsable des financements chez CAP48.
Cette initiative s’inscrit dans une démarche environnementale plus large de L’Atelier, qui poursuit ses efforts pour réduire son empreinte carbone et mener des actions concrètes en faveur de la biodiversité.
En donnant aux moineaux de nouvelles possibilités de se reproduire, L’Atelier entend aussi démontrer qu’un projet de biodiversité peut être un projet d’inclusion - au bénéfice de la nature comme de la société.
A propos de l’Atelier
L’Atelier est une entreprise de travail adapté (ETA), reconnue par l’Agence wallonne pour une vie de qualité (AViQ), qui a pour mission prioritaire de favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap par le travail. Constituée en ASBL, L’Atelier fonctionne néanmoins comme une véritable entreprise et réalise chaque jour des dizaines de missions de qualité pour ses clients, dans les domaines du conditionnement alimentaire et non alimentaire, de la fabrication alimentaire, du montage industriel, de l’outsourcing, de l’entretien de parcs et jardins, du nettoyage des sols et des surfaces vitrées ainsi que du repassage via les titres-services. L’Atelier emploie 450 personnes, dont 87% en situation d’handicap, réparties sur ses deux sites de production, à Naninne et Andenne.










