Semaine de la Frite 2021

écrit par admin
le 27/11/2021
Semaine de la Frite 2021

Cette rencontre était aussi l’occasion de remettre une médaille de l’Ordre National du Cornet d’Or à ceux qui ont contribué à la culture de la frite belge. La Semaine de la Frite vise à promouvoir les friteries de chez nous, véritable patrimoine culturel et gastronomique belge, en mettant à l’honneur le savoir-faire des frituristes et l’utilisation de la pomme de terre fraîche et locale dans la confection de leurs frites. L’Apaq-W tient d’ailleurs à rappeller que la culture du fritkot belge a été reconnue au patrimoine culturel et immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2016. En Wallonie, le secteur de la pomme de terre reste un secteur agricole important puisqu’il représente quelques 45.000 hectares de culture pour une production annuelle de 2 à 2,5 millions de tonnes et plus de 1.000 producteurs professionnels.

En termes de transformation de la pomme de terre, la Belgique regroupe une vingtaine d’entreprises très dynamiques dont les plus importantes sont établies en Wallonie. Cette activité de transformation valorisant les pommes de terre de chez nous connait une croissance régulière depuis 20 ans et permet de produire : 2 millions de tonnes de frites par an ; ± 500.000 tonnes par an de divers autres produits tels que les chips, purées, croquettes, flocons. La Belgique est devenue récemment le premier exportateur mondial de produits à base de pommes de terre. Les frites belges se vendent dans plus de 150 pays à travers le monde. La valeur des exportations dépasse les 2 milliards d’euros par an (pour la Belgique).

REVIENT ET SE DÉROULERA DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE PARTOUT EN WALLONIE

En 2020, plus de 5 millions de tonnes de pommes de terre étaient transformées chez nous. 

La filière pommes de terre

Cela commence par les plants de pommes de terre certifiés. Depuis de nombreuses années, le Centre de recherche agronomique de Gembloux (CRA-W) étudie, analyse, crée de nouvelles variétés en axant notamment la recherche sur la résistance aux maladies et notamment le mildiou. Le développement des variétés robustes de pommes de terre (aussi bien en agriculture conventionnelle qu’en agriculture biologique) en est le témoin. Mais les recherches du CRA-W ne portent pas que sur les variétés mais aussi sur les techniques de production pour assurer une culture plus respectueuse de l’environnement. Ce travail de recherche est complété par le développement d’avertissements agricoles pointus gérés par le Carah (Centre pour l’agriculture et l’agro-industrie de la province du Hainaut) et par la vulgarisation intense assurée par la Fiwap (Filière wallonne de la pomme de terre).

Chaque variété de pommes de terre a ses propres caractéristiques (chair, maturité, usage culinaire). Certaines sont connues pour leur spécificité particulière : la Plate de Florenville IGP, la Corne de Gatte, la Vitelotte, … Pour les frites, on utilisera de préférence des variétés de pommes de terre à chair farineuse : l’incontournable Bintje mais aussi Agria, Alegria, Artemis, Challenger, Markies, Lady Anna ou encore Première.

En Région wallonne, c’est dans la province du Hainaut qu’il y a le plus de pommes de terre (62 % des pommes de terre plantées en Wallonie), puis en Brabant wallon (15 %), ensuite en province de Liège (11 %) et Namur (11 %), et enfin dans le Luxembourg (1 %). La répartition entre les hectares destinés à la culture de pommes de terre destinées à la consommation et au marché du frais, et à la culture destinée à la transformation et au marché industriel est de ± 15-20 % pour la consommation et 80-85 % pour la transformation.

Les friteries

La Belgique compte près de 5000 friteries, dont plus d’un tiers en Wallonie. Qui n’en connait pas une ou plusieurs dans son village, voire son quartier ? Chaque friterie est unique et a ses adeptes. Ils apprécient le goût et la cuisson des frites, l’emplacement, le service, l’assortiment ou l’atmosphère en général. Elle reflètera la personnalité du frituriste, tant au niveau de « l’architecture », que de la décoration et de l’aménagement. Mais chacune garantira un accueil et un service de qualité à sa clientèle en lui offrant « les meilleures frites » de la région.

Sur base d’une étude réalisée par le VLAM en 2020, on peut noter que c’est l’image de proximité, la convivialité et la saveur des bonnes frites de chez nous qui marquent le plus le consommateur, que plus de 25% des Belges déclarent manger au moins 1 fois des frites par semaine dans une friterie.

 

 

En quelques dates… 

1984 Fondation de l’UNAFRI-NAVEFRI (Union nationale des frituristes). 

2004 1ère édition de la Semaine de la Frite en Région flamande pour sensibiliser le publicà la consommation responsable. Intérêt marqué des médias étrangers pour la culturede notre frite belge. Fondation de l’Ordre national du Cornet d’Or. 

2009 1ère édition de la Semaine de la Frite en Wallonie.

2013 Décembre : Dépôt de la demande de reconnaissance de notre « culture fritkot belge »au patrimoine culturel et immatériel de la Communauté flamande, à l’initiative de l’Union Nationale des Frituristes (UNAFRI) et du Nationaal Verbond van Frituristen (NAVEFRI).

2014 Février : Reconnaissance de la « culture fritkot belge » par la Communauté flamandeet la Ministre de la Culture, Madame Schauvlieghe. 

Décembre : 4ème édition de la Semaine de la Frite en Wallonie : Campagne de promotion grand public sous la forme d’un appel au soutien de la population belge afin de « faire entrer notre frite belge dans l’Histoire ». Au total, plus de 50.000 signatures ont été récoltées dans les 3 communautés. Introduction de la demande de reconnaissance de la « culture frikot belge »au patrimoine oral et immatériel de la Communauté française par le Ministre wallonde l’Agriculture, René Collin, et l’Agence Wallonne pour la Promotion d’une Agriculture de Qualité (APAQ-W), en collaboration avec NAVEFRI-UNAFRI. La « culture fritkot belge » exprime une pratique alimentaire de cuisine de rue traditionnelle en Belgique qui se retrouve dans toutes les Communautés du pays consistant à acheter des frites à la friterie ou au fritkot.

2016 Introduction de la demande de reconnaissance de la culture fritkot belgeà la Communauté germanophone. Réponse positive à la demande de reconnaissance de la culture fritkot belgepar la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Ministre de la Culture, Madame Greoli. 

2017 Reconnaissance par la Communauté germanophone, inscription à l’inventairedu patrimoine immatériel de la Région Bruxelles-Capitale et signature de la Chartepour la sauvegarde et le soutien de la Culture Fritkot belge en présence de SAR le Prince Laurent ainsi que des Ministres Régionaux et Communautaires de la Cultureet de l’Agriculture.

2018 Concours international d’architecture « Une frite dans le ventre » organisé par la Villede Bruxelles pour la réalisation de nouveaux fritkots. 

2020 Crise Covid et confinement. Les friteries peuvent rester ouvertes mais le secteurde la pomme de terre souffre fortement. Action « SOS Patat ». 

2021 Du 29/11 au 05/12 : Semaine de la Frite en Wallonie ET en Flandre simultanément.

Les frites

La Belgique recense environ 5.000 frituristes dont 1.800 en Wallonie ; autrement dit, chaque village comporte au minimum une baraque à frites. Ceux-ci traitent quotidiennement quelque 130.000 kg de pommes de terre. Un frituriste moyen vend environ 100 paquets de frites par jour. Pour ce faire, il a besoin de 50 kg de pommes de terre pelées ou 65 kg de pommes de terre non épluchées. Pour fournir toute la Wallonie en frites pendant une année entière, il faut environ1.130 hectares de pommes de terre, soit près de 2.000 terrains de football...

Une récente étude du VLAM démontre qu’un quart de la population belge consomme des frites achetées à la friterie une fois par semaine et que 95% des Belges se rendent à la friterie au moins une fois par an.

La particularité de la frite belge, d’où sa renommée mondiale, réside notamment dans l’utilisation de matières premières de grande qualité. La base de toute bonne frite, c’est en effet avant tout le choix de la variété de pomme de terre et de l’huile. Les agriculteurs travaillent d’arrache-pied afin d’offrir des pommes de terre de référence – la Bintje essentiellement mais aussi Agria, Artemis, Challenger, Alegria, Markies, Première, Lady Anna… – qui composent les meilleures frites, dorées et croustillantes.

Les pommes de terre passent ensuite dans les mains expertes des transformateurs qui les épluchent et les découpent en bâtonnets, pour en faire des frites fraiches. La taille de celles-ci varie d’un frituriste à l’autre, mais elles doivent ressembler à une réglette d’un centimètre de diamètre. Un secret des transformateurs ? Laver les frites fraiches à grande eau afin d’enlever l’excès d’amidon et bien les sécher !

Le savoir-faire des frituristes réside, par ailleurs, dans la cuisson des frites : un bain en deux étapes dans une cuve chantante est nécessaire. Le premier bain pour pocher les frites pendant +/- 7 minutes, dans de l’huile végétale ou de la graisse de boeuf à 140° C. Cette opération permet d’ôter l’humidité. Ensuite, après refroidissement, le frituriste replonge les frites dans un bain à 170-175° C jusqu’à obtention d’une jolie croute dorée. Selon le Président de l’UNAFRI, Bernard Lefèvre, « une bonne frite doit successivement nager, chanter et, enfin, sauter ».

La Culture fritkot belge 

À la friterie, au fritkot ou… à la maison !

Si la consommation de frites est répandue à travers le monde, un seul pays défend avec autant de ferveur et d’intensité la culture de la frite ou la « culture frituresque ». Notre frite belge fait partie de notre patrimoine culturel, gastronomique et touristique. Elle est l’un de nos symboles connu et reconnu à l’étranger. La frite représente une opportunité d’attractivité à valoriser.

Outre le choix des matières premières de qualité et l’art de cuire les frites, la culture belge de la frite réside dans l’atmosphère de la friterie et dans sa personnalité. Le client choisit très souvent sa friterie en fonction de son emplacement, du service rendu et de l’ambiance qui y règne. Chaque friterie est unique et c’est ce qui en fait son charme ! La proximité entre le commerçant et le client est aussi préconisée par la clientèle. La friterie est souvent une entreprise familiale qui valorise le contact direct.

Contrairement à d’autres pays, la frite constitue souvent le plat principal et doit dès lors être de haute qualité. Certains ménages belges vont jusqu’à consacrer un menu hebdomadaire à la frite. Sans oublier qu’après un séjour à l’étranger, le Belge est généralement impatient de retrouver le goût d’une bonne frite de chez nous.

 

Dans la culture…

La place éminente que la culture de la frite occupe dans la littérature, le cinéma, la musique, les arts belges montre à quel point elle est intégrée, « Made in Belgium ». En témoignent par exemple le micro musée de la frite Home Frit’ Home de Bruxelles, ainsi que la Bibliothèque et le Musée de la Gourmandise d’Hermalle-sous-Huy qui montrent un vif intérêt pour le patrimoine belge de la frite.

À l’occasion de son 20ème anniversaire, l’association NAVEFRI-UNAFRI a fondé un nouvel ordre « L’Ordre National du Cornet d’Or » pour rendre hommage aux personnalités qui ont contribué à la culture de notre frite belge via leur connaissance, leur talent, leur dévouement… Chaque année, une cérémonie a lieu durant la Journée Nationale de la Frite au cours de laquelle sont distribuées les médailles d’honneur. Quelques médaillés célèbres : Manneken Pis (2005), les Ministre Lutgen (2009), Greoli et Collin (2016), Miss Belgique (2010), l’Atomium (2011), Stromae (2014), Hugues Henri (journaliste et auteur), le Grand Jojo (2015), Jean-Luc Fonck (2016), SAR le Prince Laurent (2017), le peuple de Ténérife (pour l’envoi de la toute première cargaison de pommes de terre en 1567- (2019) et de nombreux frituristes.

Cette année, c’est Kiki l’Innocent qui se voit décerner, à l’occasion de la conférence de presse de la Semaine de la Frite, la Croix d’Argent en tant qu’ambassadeur de l’événement.

La frite fait partie intégrante de notre culture et nous devons continuer à entretenir sa réputation.

Un peu d’histoire

Le mot « frite » est dérivé du verbe « frire », qui signifie « faire cuire dans de l’huile chaude,du beurre ou du saindoux ».

Le territoire de l’actuelle Belgique est intimement lié à l’histoire de la pomme de terre. C’est à Anvers qu’est publiée en 1554 une édition des Crónicas del Perú de Pedro Cieza de León qui décrit son utilisation en Amérique du Sud. Dès 1567, soit une trentaine d’années après la découverte du tubercule dans ce continent, le port d’Anvers en reçoit déjà une cargaison.

En 1588, c’est le seigneur de Walhain et prévôt de Mons, Philippe de Sivry, qui en envoie des exemplaires au botaniste flamand Charles de L’Écluse, lequel va en faire une nouvelle description scientifique mais va aussi la cultiver, obtenant suffisamment de graines pour pouvoir en distribuer à d’autres naturalistes en Autriche, Allemagne et Italie – ce qui lui vaut d’être considéré comme le « propagateur de la pomme de terre » à la fin du XVIe siècle.

Les procès contre la dîme prouvent qu’on la cultive chez nous dès avant 1670 et, un siècle plus tard, elle est monnaie courante au point qu’on en utilise lors de la Révolution brabançonne de 1787 pour bombarder les troupes autrichiennes !

Quant aux frites… si le manuscrit de 1781, cité par l’historien Jo Gérard, faisant état de ce que les riverains de la Meuse d’Andenne à Dinant coupaient les pommes de terre en bâtonnets, ou même en forme de poissons, et les faisaient frire pour remplacer la friture d’une pêche rendue impossible par le froid et le gel des eaux, n’a hélas pu être retrouvé, il est certain qu’elles étaient confectionnées, vendues et popularisées dans les foires et kermesses belges dès avant les années 1850 par le couple Krieger-Vilain et leurs proches.

Coupe-faim bien agréable, constituant un repas consistant, calorique et bon marché, les frites connurent vite un grand succès. Avec L’Économie culinaire (1861) du premier écrivain culinaire belge, Philippe-Édouard Cauderlier, les frites en bâtonnets apparaissent dans les réceptaires et entrent à un tel point dans les foyers belges que, pour le monde entier, « les Belges sont des mangeurs de frites »

 

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