Exposition des œuvres de détenus de la prison de Saint-Hubert

Clair et Obscur, biennale des œuvres de détenus, une exposition inter-active sur la vie carcérale du centre de détention de Saint-Hubert.
Exposition au Palais Abbatial de Saint-Hubert
du 1er au 23 mai 2010

On ne peut laisser l’imaginaire collectif réduire le détenu à une personne condamnée pour des faits qu’elle a commis et incarcérée pour ces faits.
La reconnaissance de son humanité et de son appartenance à la société, même s’il n’a pas respecté à un moment donné les règles de celle-ci, est la condition sine qua non de sa survie en prison et de sa réinsertion.
Biennale des œuvres des détenus
L’ASJ-Lux (Service Laïque d’aide aux Justiciables de l’arrondissement judiciaire de Neufchâteau) est reconnue comme service d’aide aux détenus et a dans ses missions notamment la sensibilisation de la population aux réalités carcérales et à la réinsertion des ex-détenus. C’est dans ce cadre qu’elle organise depuis 2002, avec le Centre de détention de Saint-Hubert et plus récemment avec le CAL/Luxembourg, l’exposition « Biennale des œuvres des détenus » dans les locaux du Palais abbatial de Saint-Hubert.

Depuis 2003, l’ASJ-Lux a créé, sur projet particulier de la Communauté française, aide aux détenus, une exposition itinérante reprenant certaines des œuvres des détenus et visant à sensibiliser partout en Communauté française une population plus large. Cette exposition itinérante, prise en charge par le Centre laïque du Luxembourg (CAL/Luxembourg) pour ce qui est de l’organisation de son parcours, est deux à trois fois par an empruntée par des associations ou des écoles. Parallèlement à cette exposition, le CAL/Luxembourg propose aux emprunteurs l’acquisition d’un jeu-débat qui permet une appréhension rapide des conditions carcérales et un débat sur ce qu’est la prison aujourd’hui et ce qu’elle pourrait être demain.

L’ASJ-Lux souhaite revoir le projet pour augmenter son potentiel de sensibilisation en agissant sur le public par une exposition interactive et en faisant percevoir aux visiteurs les différentes facettes des personnes détenues, celles-ci ne pouvant être réduites à leur statut de détenus.
Sensibiliser la population à la réalité carcérale
La réalité carcérale apparaît dans les médias essentiellement comme étant problématique : surpopulation carcérale, conditions peu dignes de notre pays selon les ONG, échec de la réinsertion avec une récidive frisant les 60 %, toxicomanies importantes (plus de 60 % des détenus consommeraient des produits illégaux ou interdits en prison), etc. Or, cette façon de dépeindre la réalité occulte bien souvent le fait que ces quelques dix mille détenus réintègreront pour la plupart la société et que cette réinsertion ne peut se faire que s’il y a participation de tous, y compris des citoyens. En n’élargissant pas la vision de la population, elle fait reposer la responsabilité de la réinsertion sur le seul détenu, ou sur les services qui le soutiennent dans celle-ci, et ignore que chaque obstacle, chaque refus sur base de préjugés, qu’il rencontrera à l’extérieur le rapprochera d’un retour vers la prison.

Par ailleurs, une autre approche médiatique est la création de manière extrêmement simplifiée d’un groupe « détenus », y mettant aussi bien les condamnés que les prévenus, les hommes que les femmes, etc. Cette approche ne permet pas de prendre conscience des raisons extrêmement variées de l’incarcération et a pour résultat de créer, dans le chef du public, une vision fantasmée des prisons, vision fortement soutenue par les fictions françaises et américaines diffusées à la télévision. Dans les animations réalisées par nos associations, il n’est pas rare de rencontrer des classes entières persuadées que les feuilletons américains reflètent la réalité carcérale de notre pays.

Enfin, la prison, de par la mobilisation des ressources humaines et financières qui lui sont consacrées, est un véritable enjeu de société : l’amélioration des conditions carcérales, l’augmentation du nombre de places disponibles, l’accentuation des actions de réinsertion – tout comme le statut quo – ont un coût, et si les budgets sont employés dans ces initiatives, ils ne peuvent l’être dans d’autres politiques, notamment sociales et économiques. Informer le public de cet enjeu de société, en lui donnant en main les tenants et les aboutissants de la problématique, consolidera le choix démocratique que nos élus ont à faire en ces matières.

Objectif poursuivi :
sensibiliser à la question de la dignité humaine
Une personne à part entière
L’étiquette détenu recouvre différentes facettes d’un être humain : le détenu est un homme – et il faut penser mettre ceci aussi au féminin –, un frère, un fils, voire un père, un mari ; il peut être aussi un élève ou un travailleur en prison, il a ses croyances ou est athée, il est malade ou en bonne santé, il a ses points forts et ses faiblesses, ses rêves et ses passions. Il est parfois artiste, d’où l’idée d’exposer les œuvres tous les deux ans ; il est toujours en interaction avec d’autres, mais de manière limitée. Et il n’est jamais semblable à ses codétenus : leurs points communs sont bien entendu la condamnation et l’incarcération, mais au-delà de cela, chacun a son histoire propre, ses trajectoires, ses espoirs. La reconnaissance de sa dignité humaine passe donc nécessairement par une reconnaissance de sa singularité.

L’indignité des conditions carcérales
Notre société démocratique est en devoir de s’interroger sur les conditions carcérales qu’elle produit et qui sont en soi peu dignes. Elles sont en tout cas dénoncées par diverses ONG comme ne rencontrant pas les exigences de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Cette situation a été prise à bras le corps par le gouvernement et le ministre de la Justice qui, par la construction de nouvelles prisons et la rénovation ou la fermeture des plus vétustes, apportent leur réponse au problème.

S’interroger sur les conditions carcérales, et éventuellement les dénoncer nécessite en premier lieu de les connaître, de pouvoir en juger par soi-même. La dignité humaine de tous les citoyens passe aussi, à notre sens, par leur prise de conscience de ce à quoi il participe indirectement de par leur acceptation volontaire ou non de cette situation.
Le retour à la société
Enfin, la dignité humaine concerne aussi la reconnaissance de l’ex-détenu en tant que citoyen à part entier.

Cette citoyenneté administrative est prévue par les lois et règlementations, mais elle n’est pas immédiate à la sortie ; elle prend du retard pour différentes raisons : les lenteurs administratives dans un champ réglementaire complexe, l’accueil mitigé des préposés et certainement également le décalage des ex-détenus par rapport aux réalités extérieures à la prison.

La citoyenneté doit également être sociale. Retrouver sa place dans la société, c’est retrouver de la considération, de la légitimité à être parmi les autres, ce qui n’est généralement pas possible pour des raisons de catégorisations : le refus d’employer un ex-détenu ou de le loger, la méfiance à son encontre sont autant de freins à une réintégration correcte dans la société ; ces freins se doublent de la part du détenu d’une perte de capacité à vivre en autonomie et parmi les autres en l’absence du contrôle strict des règles de la collectivité.

Objectifs opérationnels de l’exposition
• Faire reconnaître le détenu dans la globalité de sa personne
L’exposition aura pour but de montrer les différentes facettes du détenu en le présentant comme :
- condamné
- personne écrouée
- détenu
- codétenu
- dossier
- fils, mari, etc.
- élève ou travailleur
- citoyen (en prison et après la sortie)

• Sensibiliser à la problématique carcérale, et au-delà amener le visiteur à s’interroger sur le rôle de la prison dans la société
L’objectif est de réaliser cette sensibilisation après l’exposition : celle-ci se veut factuelle, informative ; la diversité des regards portés dans notre société sur la prison s’exprimeront en dehors de l’exposition elle-même par des plaquettes d’information, des bibliographies, des débats et conférences, etc.

• Faire reconnaître le travail réalisé par les détenus dans les ateliers qu’ils soient artistiques ou autres
L’exposition sera émaillée et soutenue par les œuvres réalisées par les détenus en atelier ou en cellule pendant cette année. L’objectif est de faire passer la parole des détenus au cœur même de l’exposition, à côté de l’information factuelle. Des propositions émanent des détenus eux-mêmes : maquette d’une prison, témoignages… L’information factuelle et statistique disponible à l’extérieur de la prison sera complétée par des illustrations de la vie quotidienne des détenus qui émaneront directement des organes de concertation et groupes de parole que nous soutenons ou organisons.

• Faire connaître les différents acteurs de la prison : les services d’aide aux détenus ainsi que les services extérieurs de formation et de soutien mais aussi l’ensemble des acteurs dépendant du ministère de la justice
Notre but est d’associer un maximum d’acteurs à la construction de cette exposition de manière à montrer les différentes visions de la prison, visions qui seront prolongées à l’issue de l’exposition par les plaquettes de sensibilisation. Il s’agira de rendre compte d’un monde complexe sans pour autant brouiller les messages que les partenaires souhaiteront faire passer.

Le dispositif de l’exposition
Les principes de base

• Une exposition modulaire

La volonté est de créer une exposition itinérante. Elle sera construite sur base de huit modules qui représentent chacun un lieu de la prison :
o l’entrée
o le sas
o le cellulaire
o le préau
o le couloir administratif
o le parloir
o les ateliers/salles de cours
o la sortie.

Selon le lieu d’exposition, l’un ou l’autre module pourra être supprimé et figuré d’une manière synthétique.

• Deux fils rouges :

o Le personnage sous ses différentes facettes
o Les différents règlements (règles écrites ou non) auxquels il doit se soumettre.

Souhaitant atteindre notre premier objectif (les différentes facettes de la personne détenue), nous avons imaginé représenter le détenu par un mannequin qui sera présent dans chacune des pièces. Il évitera l’identification du visiteur avec les détenus ou les agents et permettra de suivre « l’histoire » d’une détention.

Par ailleurs, le détenu est soumis à des règles diverses, souvent contradictoires, dans ce huis-clos qu’est la prison. Il est évidemment soumis au règlement de la prison (règlement d’ordre intérieur), qui présente nécessairement comme dans toute société humaine des différences avec les règles réellement appliquées ; ces règles diffèrent aussi selon le lieu de la prison où le détenu se trouve (cellule, cellule nue, parloir, préau, etc.). Le détenu est également soumis aux règles du groupe « détenus » : il ne peut échapper à l’obligation de solidarité, bien souvent négative.

Avant la prison, le détenu a été condamné pour avoir transgressé les règles de la société ; après la prison, il retrouve ces règles, additionnées peut-être des règlements administratifs et des prescrits liés à la conditionnelle qui lui seront appliqués.

Il nous semblait important d’aborder cet aspect de la prison qui agit à l’évidence comme une pression sur les détenus.

• Une exposition interactive

Nous souhaitons attirer dans cette exposition un public très large. Des évaluations des Biennales et de La Part Digne, il apparaissait que le public touché était essentiellement des acteurs de la prison, services internes ou extérieurs, déjà sensibilisés à la question, ou des écoles, ce qui reste un de nos publics cibles. Notre volonté est d’aller au-delà : les expositions fortement interactives acquièrent rapidement une aura qui attire un public de curieux, la presse et le bouche à oreille jouant un rôle important dans cette popularité.

• Une information simple et accessible

En raison du public cible, nous tenterons de choisir les informations qui sont les plus parlantes et qui permettront aux visiteurs de se forger une opinion personnelle. Ces informations seront complétées par des plaquettes et des bibliographies.

L’information comprendra :
o Des statistiques claires et officielles ;
o Des éléments de la vie quotidienne des détenus que le visiteur pourra rapidement comparer à sa propre vie quotidienne ;
o Des éléments d’information qui viendront casser les idées reçues du type : INTERNET est accessible en prison, les cantines et préaux à l’américaine, les tenues orange des détenus, etc.
o Une présentation simple des différents types de libération ;
o …

• Une participation des détenus à la création de l’exposition :
o Dans la réalisation des œuvres qui seront « commandées » par les organisateurs, les détenus pourront faire correspondre leurs œuvres aux thématiques ;
o Dans la réalisation de mobilier de l’exposition (ex. maquette) ;
o Dans la réalisation des informations liées au ressenti des détenus (atelier d’écriture, témoignages audio-visuels).
Nous souhaitons que ces participations se doublent de débats au sein des ateliers.

Description de l’exposition (prévision)
Les œuvres exposées auront un lien avec ce que représente le lieu dans le module. Des caméras sont présentes dans tous les modules.

Entrée : le module représente l’entrée d’une prison : lourde porte, portier derrière une vitre, consoles vidéo, casiers pour effets personnels, croix au sol pour prendre la photo, caméra.

• Objectifs : mettre dans l’ambiance, faire la coupure avec l’extérieur, prise de conscience de la différence entre le dehors et le dedans, tous les visiteurs étant soumis à certaines règles de la prison.
• Information : notamment statistiques policières : crimes et délits en Belgique.
• Son : en ambiance : bruits de la prison.
• Scénographie : le visiteur pénètre dans l’entrée ; il apprend qu’il doit passer par la photo et laisser ses objets personnels (dont le gsm) dans les casiers.
• Règles : exemple de lois de la collectivité qui, transgressées, conduisent à la prison.

Le personnage est absent.

Sas : portique de sécurité, tapis pour les effets personnels qui entrent dans la prison, scène d’écrou.

• Objectifs : perte de l’état d’homme libre, rencontre avec l’écrou ; contrainte pour les visiteurs.
• Information : Statistiques carcérales : nombre de prisons, nombre de places dans les prisons, nombre de détenus, nombre de condamnés, nombre de prévenus, nombre de femmes et d’hommes, etc.
• Son : en ambiance : bruits de la prison ; sous casque : ressentis de détenus, jugement.
• Scénographie : Bip lors du passage du portique de sécurité ; scène d’écrou (mannequin ou photos en pied). Système de retard sur l’ouverture de la porte vers le module suivant pour que le visiteur soit obligé de regarder et d’écouter.
• Règles : règles liées à la condamnation, informations transmises dès les premiers jours de l’incarcération.

Le personnage est présent, il représente le condamné.

Cellule : couloir avec cinq cellules et une cellule nue ; maquette interactive (lampe LED) d’une prison classique (réalisée par un détenu, allumettes et autres matériaux).

• Objectifs : Confrontation à l’enfermement, à la lourdeur et la rigueur de la prison ; confrontation au cellulaire.
• Informations : statistiques du cellulaire (le nombre de solos, de duos…) ; règles liées au cellulaire, demande de rapport.
• Son et vidéos : en ambiance : bruits de la prison ; sous casque et en vidéo : infos pratiques du cellulaire, ressentis de détenus.
• Scénographie : vue sur les cellules derrière le judas ou grâce à un œilleton ; photos en trompe l’œil. Cinq types de cellules : cellule neuve ou rénovée, cellule « habituelle », dortoir Saint-Hubert, cellule type Namur ou Saint-Gilles + cellule nue. Les œuvres sélectionnées pour ce module auront notamment pour thème la violence de l’enfermement (entre détenus, du système, des agents…).
• Règles : règles du cellulaire (officielles).

Le personnage représente le détenu.

Préau : murs de préau, ciel en plafond tendu représentant les nuages.

• Objectif : voir l’espace de liberté, de relations sociales, de réappropriation de son corps et de trafic.
• Information : voix de détenus qui expliquent les règles entre détenus, la solidarité, l’obligation de celle-ci ; place du tatouage en prison.
• Son et vidéos : en ambiance : bruits du préau ; sous casque : règles informelles, tatouage.
• Scénographie : voûte avec des nuages, murs gris, mur représentant une cour intérieure avec système de yo-yo, mannequins détenus dans différentes activités ou inactivités (joggeurs, promeneurs, scène de tatouage), mur consacré au tatouage en prison.
• Règles : règles (officieuses) entre détenus.

Le personnage est un copain, un codétenu, une personne en relations humaines.

Couloir administratif : couloir avec des portes de bureaux et des portes de placards ; au centre, dispositif interactif informatif (quizz)

• Objectif : prise de conscience de la lenteur du système, du coût de la prison, de la difficulté pour remplir les conditions (TAP), de l’incertitude concernant la sortie.
• Informations :
o réalités pratiques : repas, cantines, tv, radio, lessive, douche, santé (réalité des horaires), toxicomanie, décès, analphabétisme (demande de rapport), discipline ;
o Tribunal d’application des peines : incertitude, difficulté de réinsertion, SCI : montrer ce que la justice met en place pour aider à la réinsertion
o Services extérieurs de réinsertion, de suivis psychologiques, etc.
• Son et vidéos : en ambiance : bruits de la prison ; sous casque : informations.
• Scénographie : couloir avec des portes qui s’ouvrent ou alors de simples petites « armoires » avec les informations concernant chaque sujet.
• Règles : règlement d’ordre intérieur, règles liées aux sorties et libérations.

Le personnage représente un numéro, un dossier.

Parloir : salle de visite, parloir avocat, espace père/mère – enfants
• Objectifs : difficulté des visites, manque d’intimité, richesse humaine, obligation horaire, règles liées aux colis, absence de visites pour certains détenus.
• Informations : règles de visite, réalité des files, de l’attente, des distances.
• Son et vidéos : en ambiance : bruits de la salle de visite ; dans les parloirs/bureaux, soit sous casque ou en ambiance, son descriptif de la situation, éventuellement vidéos ; informations factuelles.
• Scénographie : visite à table avec mannequins, coin papa-enfant, parloirs avocats et visite ; carte de la Belgique pour visualiser les déplacements pour atteindre un proche détenu, coin café, bénéfices dans les caisses d’entraide.
• Règles : règles de visite pour le détenu et pour les visiteurs.

Le personnage représente le fils, le père, le mari.

Atelier / formation : salle de cours, établi de menuisier
• Objectif : montrer l’offre de formation et de travail (insuffisant en nombre et en débouché), les salaires.
• Contenu : statistiques de travail, types de formation, de cours, nombre, niveau scolaire, analphabétisme, allochtones non francophones (+ expulsion après la peine). Services présents en prison.
• Son et vidéos : en ambiance : bruits de la prison, des cours et de l’atelier ; le son montre l’importance des relations humaines, du réapprentissage du savoir-être ; témoignages.
• Scénographie : salle de cours (cours de gestion) d’un côté, tables et tableau, et banc de menuisier de l’autre avec mannequin du détenu. Photos de différentes situations de travail et de formations (nombreuses photos, interactivité du visiteur qui va les découvrir).
• Règles : règles liées aux cours et ateliers, au travail.

Le personnage représente l’élève ou le travailleur.

Sortie : écran cinéma montrant la rue l’extérieur ; tableau informatif sur les pertes et acquis du détenu

• Objectifs : les acquis et les pertes du détenu, son décalage dans la société à sa sortie
• Contenu : plan des nouvelles prisons, témoignages de réinsertion, de non-réinsertion
• Son et vidéos : en ambiance : bruits de la rue ; sous casque et en vidéo : témoignages
• Scénographie : écran sur lequel défile une foule, ex-détenu en habit de détenu devant cette foule + visiteurs intégrés à l’image
• Règles : règles administratives, conditionnelles

Le personnage représente le citoyen (l’ex-détenu).

La présence des femmes en prison fera partie intégrante de l’exposition.

Colloque – « Arts plastiques en prison »

Dans le cadre de l’exposition « Clair et Obscur », la biennale des œuvres des détenus,
le Réseau Art et Prison, l’ASD/Luxembourg (Service d’Aide Sociale aux Détenus de l’arrondissement judiciaire de Neufchâteau), le Centre d’Action Laïque de la province de Luxembourg et Culture et Démocratie ont le plaisir de vous inviter à une

Journée interactive « Arts plastiques en prison »
Le vendredi 7 mai 2010, de 10h à 17h au Palais Abbatial de Saint Hubert

Peu d’artistes plasticiens interviennent en prison. Cependant, il existe une véritable production de dessins, peintures, sculptures, etc. réalisés par des détenus, dans leur cellule ou dans le cadre d’ateliers animés par des artistes ou des volontaires qui utilisent l’art comme média. Quels sont les enjeux des arts plastiques en prison ? Quelles sont leurs spécificités et les méthodes de travail utilisées ? Comment se positionner par rapport aux contradictions que soulèvent l’intégration de l’art en milieu carcéral ?

Autant de questions qui seront abordées lors de cette journée interactive « Arts plastiques en prison » organisée dans le cadre de l’exposition « Clair et Obscur » qui rassemble des œuvres picturales de détenus et qui se tient du 1er au 23 mai 2010.

Les objectifs de cette rencontre sont de proposer un moment de réflexion sur le développement et l’intégration des arts plastiques en milieu carcéral, de faciliter l’échange d’expériences entre porteurs de projets et d’offrir un espace d’expression aux intervenants artistiques en milieu carcéral, aux opérateurs culturels et sociaux, aux anciens détenus et aux membres du personnel pénitentiaire. Des propositions seront envisagées pour développer des initiatives artistiques en prison.

Cette rencontre s’adresse aux artistes, animateurs socio culturels, membres du personnel pénitentiaire, volontaires intervenant en prison, formateurs, responsables politiques, etc.
Un espace documentation sera accessible durant toute la journée avec possibilité de consulter des ouvrages en lien avec le sujet. Des actes de la rencontre seront réalisés.

Au programme :
- présentation d’expériences par des animateurs d’ateliers
- analyse et réflexions
- débats
- visite guidée de l’exposition

Les bénéfices des pratiques artistiques pour les détenus, la reconnaissance des arts plastiques en prison, les collaborations et relations entre intervenant artistique et personnel pénitentiaire, etc. seront au cœur des échanges et discussions.

contact : info@cultureetdemocratie.be - 02/502 12 15

Promoteur et partenariat
Promoteur
Service Laïque d’aide aux Justiciables de l’arrondissement judiciaire de Neufchâteau (ASJ-Lux)
Avenue de Bouillon 45 – 6800 LIBRAMONT
Tél. : 061/29.24.95 – Fax : 061/32.86.94
asj.lux@skynet.be

Partenaire
Centre d’Action Laïque du Luxembourg
rue de l’ancienne Gare 2 – 6800 LIBRAMONT
Tél. : 061/22.50.60 – Fax : 061/22.56.48
courrier@cal-luxembourg.be - www.cal-luxembourg.be

En collaboration avec :
• Le Réseau Art et Prison
• Culture et Démocratie
• Campagne Justice Sociale

Soutiens
Cette exposition événement est placée :
• Sous le Haut Patronage de Sa Majesté la Reine
• Sous le Patronage du Gouverneur de la Province de Luxembourg

Il bénéficie du soutien financier :
• De la Province de Luxembourg, département des Affaires Sociales et Hospitalières, Département des affaires culturelles
• De la Région wallonne
• Du Service de l’éducation permanente – Direction générale de la Culture – Communauté française

Il bénéficie d’un soutien logistique important :
• De la Province de Luxembourg, département des affaires culturelles

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Biennale des œuvres des détenus à Saint-Hubert
Une exposition événement en 2010

La biennale des œuvres des détenus qui rassemble une production d’œuvres graphiques réalisées en prison sera l’occasion cette année d’interpeller le public sur la réalité carcérale grâce à une exposition interactive qui reproduit quelques lieux de prisons belges. De la salle des visites à la cellule de réflexion (cachot), les visiteurs rencontreront différentes facettes de l’être humain qu’est le détenu : un codétenu, un fils, un père, un mari, un élève ou un travailleur, malade ou en bonne santé, avec ses croyances, ses points forts et ses faiblesses, ses rêves et ses passions. Et tout cela à mettre également au féminin. Les visiteurs pénétreront aussi dans les règles de la prison, règlements officiels et règles tacites.
L’exposition sera composée de huit modules reprenant des locaux de la prison et balayera le quotidien des détenus. Le visiteur pourra se confronter aux exigences de sécurité de l’entrée, prendre la mesure de l’exigüité des cellules parfois partagées au-delà du supportable. Le préau sera l’occasion de sortir des règles officielles pour sentir le poids des interactions entre détenus et de l’enfermement qui touche aussi bien le corps que l’esprit. Les organisateurs ont concentré dans le couloir administratif l’incertitude liée à la date de sortie, le quotidien (nourriture, santé…) et la réinsertion. La salle de visite est l’occasion de montrer que la prison n’a pas seulement des conséquences sur le détenu mais aussi sur ses proches. Enfin, une place a été réservée à la formation. A la sortie, des témoignages feront état des difficultés de la réinsertion. L’exposition repose aussi bien sur le visuel, le tactile que l’auditif, c’est une véritable plongée dans le monde carcéral. Les œuvres graphiques produites dans les ateliers et en cellules ponctueront les thèmes abordés dans les modules.
A l’extérieur de ces modules, viendront, outre d’autres œuvres graphiques, les questions de société liées à la prison en Belgique. Les organisateurs laisseront le soin aux ONG et aux pouvoirs publics de présenter ces débats et les solutions qu’ils préconisent. Entre le Master Plan et les positions abolitionnistes, il existe un ensemble de réflexions qui, si elles aboutissaient en réalisations concrètes, permettraient à tout le moins de désengorger les prisons.
Une exposition pour tous
L’exposition s’adresse particulièrement au public qui ne connaît pas la réalité carcérale. Elle vise à battre en brèche le traitement simplifié fait par les médias à cette question et l’influence très négative des séries policières américaines et françaises. Elle permet de comprendre l’indignation des démocrates face aux conditions de vie des détenus et les enjeux pour la société de la réinsertion. La récidive est de soixante pour cent dans notre pays, ce qui statistiquement montre l’inefficacité de la réclusion pour diminuer les actes délictueux.

De nombreux témoignages illustreront les lieux présentés dans l’exposition ; ils seront proposés sous format MP3 et seront donc téléchargeables sur place par les visiteurs. Les groupes et classes pourront quant à eux en disposer avant la visite pour la préparer.
Colloque sur l’art plastique en prison
Les organisateurs, l’ASJ/Luxembourg et le CAL/Luxembourg, proposeront le 7 mai en partenariat avec Culture et Démocratie et le Réseau Art et Prison, un colloque sur l’art plastique en prison. La culture est un élément essentiel de l’émancipation, il n’est pourtant pas évident de la faire entrer en prison et pas seulement pour des raisons logistiques. Culture et Démocratie et le Réseau Art et Prison inviteront des professeurs d’art en prison à s’exprimer sur le travail qu’ils y réalisent. L’après-midi, en ateliers, les participants pourront également utiliser le jeu Non-Lieu du CAL/Luxembourg sur la réalité carcérale.

Exposition au Palais Abbatial de Saint-Hubert
du 1er au 23 mai 2010
ouverture au public en semaine de 14 à 18 heures et le week-end de 11 à 18 heures
animations organisées à destination des groupes sur réservation

Renseignements : CAL/Luxembourg - 061/22.50.60.