Palpée, touchée… par des « Noirs » !

Palpee, touchee… par des « Noirs » ! Palpee, touchee… par des « Noirs » !

Quand j’y pense, je n’ai jamais été autant touchée et palpée que pendant mon enfance au Congo/Zaïre !

Hé oui, si je fréquentais huit heures par jour une « École Privée à Programmes Belges » (pour avoir les mêmes programmes et diplômes qu’en Belgique), où les élèves étaient à 99,99% européens (vu le prix du « minerval » que les parents casquaient, et que ne pouvaient payer que les riches minorités Congolaises/Zaïroises), en-dehors de l’école (où j’envoyais sur les roses ceux qui désiraient devenir mes amis), mes uniques amis et frères étaient des Congolais/Zaïrois.

J’ai donc eu dès mon plus jeune âge, l’occasion avec eux, de comparer nos différentes façons de vivre, de penser, et de constater toutes nos similitudes. Nous connaissions donc, après avoir palpé et comparé, mes amis et moi, les différences de nos « plus visible » : la couleur, la consistance et la chevelure… Car si nous avions tous une tête, un corps, des bras et des jambes, nous nous demandions par exemple, si nos corps étaient faits de la même matière…
Si je connaissais ces différences et similitudes, combien de fois, dans des villages en pleine brousse (que nous explorions quasi chaque week-end, mes parents et moi), où nous nous arrêtions pour demander des renseignements sur les trous ou grottes (spéléologie, une des passions de mon père), les villageois voyaient pour la première fois des « blancs » de près !

Alors, tandis que mes parents s’informaient quant à leurs hypothétiques trous, les femmes, les enfants et quelques hommes se groupaient autour de moi, et comme leur langue (enfin, le Swahéli, langue véhiculaire dans une bonne partie de l’Afrique) était ma seconde langue, nous discutions…
Et puis, c’était « recta » : ils me demandaient si je voulais bien qu’ils touchent mes cheveux et mon bras… Forcément, je répondais que oui, car j’avais aussi comme eux, connu l’étonnement et le questionnement.

Leurs têtes, quand ils frottaient mes cheveux lisses, filasses et sans tenue, et les comparaient à leurs cheveux crépus ! Et quand ils palpaient mon bras puis le leur et constataient qu’à part la couleur, la consistance et la chaleur étaient similaire…
Et moi de leur préciser que si l’on se blessait eux ou moi, c’était le même sang qui coulait, le même que celui des poules ou des chèvres que l’on égorgeait pour manger…

Quand il m’arrive (rarement) de le raconter, certains m’ont dit « À te toucher, des noirs ont sûrement eu des gestes déplacés ! »
Hé bien non, jamais, jamais, jamais.

Les seuls gestes déplacés que j’ai connus dans mon enfance venaient d’européens… Deux fois dans la même année, des « grands », une fille de 17 puis un type de 19 ans (c’est grand, quand tu as 8/9 ans…), ont essayé de mettre leur main dans ma culotte…

Leurs nez s’en souviennent très certainement !

Palpée, touchée… par des « Noirs », quelle chance j’ai eu de vivre avec eux !

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Jeanne-Françoise Kreutz (Voir mon site)

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