"Des Hommes", de Lucas Belvaux, Film belge labelisé "Festival de Cannes"

écrit par YvesCalbert
le 07/06/2020

Du 12 au 23 mai 2020, la Ville de Cannes devait acceuillir son 73è « Festival », attendant près de 150.000  personnes, dont 12.000 accrédités… S’il fut question d’une organisation reportée fin juin-début juillet, cet  événement tant attendu est annulé, victime de  la crise sanitaire.

S’il n’y aura donc aucune compétition, ni, forcément, aucune « Palme d’Or », Thierry Frémaux, délégué général du « Festival de Cannes », président de l’association « Frères Lumière », et Pierre Lescure, président du  « Festival », depuis 2014, ont décidé de leur octroyer un label spécifique, souhaitant, ainsi, assurer la promotion des films sélectionnés, lors de leurs sorties en salles.

Parmi les 56 films retenus (dont 21 français, 15 premiers longs-métrages et 16 réalisés par des femmes), nous notons la présence du film belge « Des Hommes » (Bel.-Fra./fiction/2020/100′). Inspiré du roman de Laurent Mauvignier, cette fiction est la 11è réalisation de Lucas Belvaux, avec, à l’affiche : Catherine Frot, Jean-Pierre Daroussin, Gérard Depardieu et le jeune espoir belge Yoann Zimmer.

Synopsis : « En 1960, au moment des « événements », ‘Des Hommes’ ont été appelés en Algérie. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et d’autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies. Mais parfois il suffit de presque rien, d’une journée d’anniversaire en hiver, d’un cadeau qui tient dans la poche, pour que quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier… »

Relevons que le roman « Des Hommes », signé Laurent Mauvignier, a été le lauréat de deux Prix littéraires, en 2009 (« Prix Millepages » & « Prix Virilo ») et deux autres, en 2010 (« Prix des Libraires » & « Prix Initiales »).

En espérant que le film receuille un aussi grand succès, rappelons que le réalisateur namurois Lucas Belvaux (°1961) a remporté deux «Magritte du meilleur Scénario original ou Adaptation», en 2013, pour«38 Témoins » (Fra.-Bel./2012/104′) et en 2015, pour«Pas son Genre»(Fra.-Bel./2014/111′) ce film  remportant 2 autres  «Magritte », « de la meilleure Actrice », pour Emilie Dequenne, et « du meilleur Son », pour  Henri Morelle et Luc Thomas, sans oublier, qu’en 2014, cette fiction avait reçu trois« Swann d’Or » – « du meilleur Film », « de la meilleure Actrice » et« du meilleur Acteur » –, au « Festival du Film de Cabourg ».

Notons encore, les autres Prix qui lui furent attribués, pour :

– « 38 Témoins », en 2013 : « Prix Claude Chabrol ».

– « Un Couple épatant » (Bel.-Fra./2003/97′), en 2003 : « Prix André Cavens de l’ Union de la Critique de Cinéma »  (« UCC » ), le Grand-Prix de l’Union de la Presse Cinématographique Belge » (« UPCB »), le « Prix Mélies du Syndicat français de la Critique de Cinéma » et le« Prix Louis Delluc ».

– « Pour rire ! » (Fra./1996/100’/avec Benoît Poelvoorde), en 1996: « Prix du meilleur Scénario », au« Festival international du Film de Thessalonique ».

Pour en revenir à « Des Hommes », soulignons qu’il signe le retour de Lucas Belvaux au« Festival de Cannes »,  quatorze ans après « La Raison du plus faible » (Fra.-Bel./2006/116’/).

Tourné au Maroc, nous apprenons que les journées de l’équipe de tournage furent longues et éprouvantes… Mais qu’est-ce que le cinéma, sinon un mélange de passion et de sueur, d’insouciance et de rigueur, de folie et de  frustration.

« Des Hommes » est produit en Belgique par« Artémis Productions »et en France par« Synecdoche », étant  soutenu par le « Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles ». Il est coproduit par « France 3 Cinéma », la « RTBF »,« Shelter Prod. » et« Voo-Betv », avec la participation de : Ad Vitam Distribution, Angoa, Canal +, Ciné +, CNC, Commissariat Général à l’Egalité des Territoires, Fonds Image de la Diversité, France Télévisions, Procirep  et Tax Shelter du Gouvernement Fédéral belge.

Trois autres coproductions belges francophones, soutenues par le « Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles » ont également été retenues, ces films étant réalisés par un Congolais, Dieudo Hamadi, un Algérien, Farid Bentoumi et une Arménienne, Nora Martirosyan :

– « En route pour le Milliard » (Dieudo Hamadi/RDC-Fra./Bel./documentaire/202/90’/coproduit par « Néon Rouge »).

Synopsis:« Nous suivons les victimes de la Guerre des Six Jours, à Kisangani en République Démocratique du Congo, qui luttent depuis vingt ans pour obtenir une reconnaissance du conflit, la condamnation des belligérants et des compensations financières. Révoltés par l’indifférence des gouvernants, ils décident d’entreprendre un périlleux voyage sur le fleuve Congo pour se rendre à Kinshasa, la capitale du pays, et faire entendre leurs voix… »

– « Rouge »  (Farid Bentoumi/Fra.-Bel./fiction/2020/86’/coproduit par « Les Films du Fleuve »).

Synopsis: « C’est l’histoire de Nour, qui vient d’être embauchée comme infirmière dans l’usine chimique où travaille son père, délégué syndical et pivot de l’entreprise depuis toujours. Alors que l’usine est en plein contrôle sanitaire, une jeune journaliste mène l’enquête sur la gestion des déchets. Les deux jeunes femmes vont peu à peu découvrir que cette usine, pilier de l’économie locale, cache bien des secrets. Entre mensonges sur les rejets polluants, dossiers médicaux trafiqués ou accidents dissimulés, Nour va devoir choisir entre se taire ou trahir son père et faire éclater la vérité… »

– « Si le Vent tombe » (Nora Martirosyan/Arménie-Fra.-Bel./fiction/2020/100’/coproduit par « Kwassa Films »).

Synopsis : « Nous faisons la connaissance d’Alain, un auditeur international français, qui vient expertiser l’aéroport d’une République auto-proclamée du Caucase afin de donner le feu vert à sa réouverture. En tant que professionnel expérimenté, Alain mène la tâche qu’on lui a confiée avec beaucoup de sérieux. Au fur et à mesure de l’avancée de l’audit, à travers les entretiens avec les employés de l’aéroport et ses déplacements, il découvre un pays qui n’existe que sur certaines cartes mais qui est bien là dans la réalité, avec sa population, son gouvernement, ses institutions, ses champs de culture. Edgar, un petit garçon du coin, erre autour de l’aéroport et se livre à un étrange commerce. L’homme et l’enfant finissent par se rencontrer… »

A souligner que le Président du Jury devait être le réalisateur-scénariste américain Spike Lee (né Shelton Jackson Lee/°1957/Atlanta), lauréat d’un « Oscar d’Honneur », en 2016, et d’un « César d’Honneur », en 2003, ayant été le lauréat de plusieurs Prix, pour son film « Blakkklansman-J’ai infiltré le Ku Klux Klan » (USA/2018/135′) : en 2018, « Grand-Prix » du « Festival de Cannes » ; en 2019,« Oscar » et « BAFTA du meilleur Scénario adapté »  (avec David Rabinowitz, Charlie Wachtel et Kevin Willmott). Il aurait été le 1er Président du Jury de race noire, à  Cannes, en 73 éditions, lui qui vient de déclarer, suite à l’assassinat de George Floyd par un policier,  à  Minneapolis :« Trump n’est pas mon président… le destin de la planète va dépendre de leurs résultats (des  élections/ndlr) ». Puisse ce dernier ne pas être réélu, en novembre, alors que, pour Spike Lee, nous espérons qu’il pourra être le président du Jury, à Cannes, en 2021… Il y a des présidents que l’on apprécie, d’autres qui devraient être définitivement écartés du pouvoir…

Notons que les films qui devaient être présentés à Cannes figureront au programme de plusieurs festivals, comme ceux de Deauville, Lyon, Mar del Plata, Morelia, Mumbaï, New York, Pusan, Rio, Rome, San Sebastian, Sundance,  Telluride, Tokyo etToronto.

Si, cette année, à Cannes, nous ne pourrons assister à aucune montée des marches, sur un tapis rouge, si aucun film ne pourra succéder ni à la « Palme d’Or », attribuée à « Parasite » (Bong Joon-ho/Corée du Sud/2019/132’/ film lauréat de 4 « Oscars »), ni au « Grand-Prix », offert à « Atlantique » (Mati Diop/Fra.-Bel.-Sénégal/2019/105′), soyons nombreux à assister à des projections, dès le mercredi 1er juillet, en n’oubliant pas de soutenir le Cinéma belge, après une centaine de jours de fermeture des salles…

Yves Calbert.

 

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