Le "Brussels Design September" est de retour

écrit par YvesCalbert
le 10/09/2020

Fort heureusement, le virus n’empêche pas l’organisation de « Brussels Design September », dès ce jeudi 10 septembre, mettant en lumière, à Bruxelles, plus de 100 événements culturels et commerciaux en relation avec le design, nous proposant un parcours urbain à découvrir dans des magasins, « po-up stores », galeries, espaces culturels et de création, voire en un lieu historique, l’ancienne Ambassade du Vatican, sise au « Grand Sablon ».

***** Notre attention est particulièrement attirée par l’ouverture d’un nouvel établissement, partenaire de « Brussels  Design September », situé au N° 231 de l’Avenue Louise, le « Silversquare Bailli », qui, avec ses autres adresses bruxelloises, étant le pionnier du « coworking », en Belgique, nous propose un environnement de travail favorisant la productivité.

Ce lieu constitue une exceptionnelle réussite, au niveau du design, due à deux jeunes designers de grand talent,  Justine de Moriamé et Erika Schillebeeckx, du « KRJST Studio »  (KR pour Erika  et JST pour Justine),  « Silversquare Bailli » évoquant : « Une jungle urbaine de 8.000 m² (environ un terrain de foot et demi), répartis sur quatre étages. »

Ayant vécu, toutes deux, 5 années d’études en stylisme, à « La Cambre », les deux jeunes deigners créèrent, en 2012, leur propre marque de mode, sous le nom de « KRJST », qui, en 2014, devint l’actiuel studio de création textile. Elles nous confient leur envie d’avoir voulu créer, au rez-de-chaussée, différents mondes, celui des plages, avec ses cabines de bains, des forêts, de grottes calcaires et de l’eau,… ce qui nous permet, ainsi, avec modestie, de pouvoir, nous aussi,… marcher sur l’eau…

Sur 4 étages (rez de chaussée inclus), terminés en une seule année, chaque lieu est unique, faisant de  « Silversquare  Bailli » un écosystème basé sur la diversité. Ainsi de 12 bureaux spacieux (6 au rez et 2 par étage),  aux architectures bien différentes, pouvant inclure un grand masque indonésien ou une bibliothèque design sur leurs parois extérieures, nous pouvons trouver, à l’étage, des« capsules de travail » à la hong-kongaise, équipées de couchettes pouvant être positionnées en position assise. « KRJST Studio » mélange des influences d’art ancien  et moderne avec un savoir-faire traditionnel que ses deux designers adaptent et  déforment à l’aide de la  technologie pour réinventer un format et repousser ses limites à la fois visuelles et formelles.

Des espaces communs, aux différents décors design, parfois avec des sièges-balançoires, pour la détente, sont proposés aux personnes venant travailler individuellement, l’accès à l’ensemble de ces espaces pouvant être loué à la journée, un restaurant étant accessible au rez-de-chaussée. Pour Justine de Moriamé & Erika Schillebeeckx, il est impotant d’introduire le « concept de contemplation dans la scène artistique contemporaine, offrant une  émotion plus qu’une sensation ». L’athmosphère étant importante pour l’efficacité du travail, elles ont créé un environnement de travail favorisant la productivité.

***** Le design peut, aussi, se révéler écologique. Pour preuve les créations de masques en plastique d’OLivier Goka, que nous pouvons découvrir, avec nos enfants., au N° 25, de la rue du Page, à Ixelles, du samedi 12 septembre jusqu’au samedi 17 octobre, du mercredi au samedi, de 14h30 à 19h.

Ce designer bruxellois récupère, travaille et assemble toutes sortes d’objets, glanés, çà et là, pour en faire une  multitude de compositions et de personnages, aussi divers qu’inattendus. A souligner que ces objets ou morceaux d’objets en plastique, il les trouve sur les trottoirs, dans les poubelles du marché aux puces, tandis que d’autres lui sont amenés par des personnes de son entourage. Une règle simple, lors de l’assemblage, dans son atelier :  aucune modification de la forme et de la couleur d’origine des pièces récupérées. Le résultat est saisissant !

Pour compléter cette scénographie, simple mais particulièrement réussie, nous trouvons un accrochage de  photographies  de Bernard Babette, valorisant le travail d’Olivier Goka.

***** Du plastique, passons aux matières nobles. Ainsi, au« Sablon »  (N° 7b de la rue des Sablons), ne manquons pas d’entrer dans un édifice qui abrita, au XIXè siècle, la Nonciature, qui fut la résidence du Cardinal Pecci, nonce apostolique à Bruxelles, qui devint Pape, sous le nom de Léon XIII. Nous y découvrons, jusqu’au mercredi 14 octobre, du mardi au jeudi, entre 14 et 18h,« Le Sacre de la Matière », l’une des expositions phares de cette  édition de « Brussels Design September ». Au sein de ce bâtiment, restauré par Anne Derasse, historienne de l’art et architecte d’intérieur, la « Galerie Spazio Nobile »  y organise sa première exposition horsl-les-murs.

Nous y trouvons un espace de dialogue entre les arts appliqués, le design et les beaux-arts, avec des oeuvres, en bois et en métal, des peintures sur toiles de lin, des photos au collodion humide, des tables de marbre, des bancs sculptés dans le bois, des banquettes en tressage de daim et des tables en velours de soie capitonnée, ces créations étant dues à Jörg Bräuer, Sébastien Caporusso, Anne Derasse, Kaspar Hamacher, Silvano Magnone et Fabian von Spreckelsen.

Inscription obligatoire, sur le site web : http://www.spazionobile.com/.

***** Dans ce même quartier, dans un ancien hôtel particulier, sis au N°40 de la place du Grand Sablon, c’est chez « Balthasar », un nouveau concept de pop-up », lieu de rencontre dédié aux artistes et créateurs belges « collectible », que nous nous retrouvons, avec les oeuvres de Geneviève Levivier, artiste plasticienne et designeuse textile, qui nous présente son univers riche en surprises visuelles et tactiles. Défendant une nouvelle forme de création librement inspirée des savoir-faire textiles et des techniques picturales, elle conçoit ses tapisseries comme des tableaux abstraits et s’inscrit dans une démarche de design expérimental et éco-responsable où le geste artistique et les matériaux organiques sont au centre de sa réflexion.

La plupart de ses œuvres interagissant avec la lumière comme de véritables vitraux textiles, composés de fleurs, de plantes, de coquilles d’œufs, de fibres naturelles ou biosourcées, Geneviève Levivier nous explique : « Je capture ainsi un instant dans la nature passagère du vivant et ma quête est de le rendre éternel. Mes œuvres permettent de conserver une part de cette nature, d’interagir avec elle, de l’offrir à la contemplation et à l’interprétation ». Créant en harmonie avec un lieu ou une thématique, elle conçoit ses tapisseries, sculptures, ou collections d’étoles comme des variations musicales.

Concernant ce lieu accueillant, le currateur, Jean-Pierre Nahra, confiait à Marie Guérin, pour « Elle » : « Les artistes bénéficient d’un mois gratuit durant lequel ils gèrent entièrement leur univers. Au bout d’un mois, on propose un système de location journalier de 50€. Le but est aussi de réveiller la ville après cette période d’endormissement. » 

Ouverture : du jeudi 09 jusqu’au mercredi 30 septembre, de 11h à 19h. Site web :  http://www.apluszdesign.be.

***** Dans un lieu plus modeste, le « Spazio Nobile », créé en 2016, sis à Ixelles (rue Franz Merjay, 142), Lionel Jadot et Serge Leblon, présentent leur exposition « Les Ignorants », ouverte jusqu’au dimanche 08 novembre, du mercredi au samedi (ou sur rendez-vous  : 02/768.25.10).

Par la photographie (Serge Leblon) et le design (Lionel Jadot), ces deux artistes ont souhaité réaliser une création originale, associant leurs pratiques respectives, autour d’une thématique commune : la moification du corps par l’adjonction d’objets divers, entre recyclage et surcylages, greffés sur des individus de la vie quotidienne, donnant naissance à des architectures humaines éphémaires.

***** Si Zaventem est connu pour son aéroport, un autre lieu mérite d’être connu, accueillant aujourd’hui , sur trois étages, quelques 27 designers et autres artistes, disposant d’ateliers individuels d’une superficie allant de 40 à 400 m2 l’unité, les « Zaventem Ateliers » – où Lionel Jadot, que nous venons d’évoquer, possède son bureau – hébergés au sein d’une papeterie du XIXè siècle, de 7.000 m2, devenue, en septembre 2018, un espace de création, sous l’impulsion du designer, scénographe et architecte d’intérieur Lionel Jadot. Ainsi, dans ce bâtiment,  de style industriel, designers et autres artistes, qui travaillent la céramique, le cuir, le métal, le marbre, le bois, …, forment un cercle très stimulant et innovant, l’ambiance y étant à la collaboration, la discussion et le partage.

** Parmi les designers rencontrés lors de notre visite de presse, notons la présence de Pascale Risbourg, qui, ayant étudié la céramique, en 2014, à l’« Académie royale des Beaux-Arts » de Bruxelles, nous est présentée comme étant « une créatrice, curieuse et connectée, qui ne cesse de développrer un langage artistique pluriel et décloisonné, aimant poposer ses motifs ‘art déco’ et ses univers oniriques », nous proposant d’admirer ses papiers peints et son paravent aux motifs sulfureux, qui auraient été appréciés par Félicien Rops (1833 -1898), ses  saynettes subjectives décorant, aussi, son superbe service de table.

** De nationalité française, se considérant comme un designer belge, Pierre Emmanuel Vandeputte – ayant obtenu, en 2014, un « master » en »design industriel », à « La Cambre » (« ENSAV », « Ecole Nationale Supérieure des Arts Visuels ») – nous propose ses caissons porte-clés, créés à partir des boîtiers vides d’anciens oblitérateurs de la « STIB » (« Société des Transports Intercommunaux de Bruxelles »). Ce concernant, il nous dit : » La symbolique belge de cet objet est tellement forte que je ne voulais pas le détériorer, d’autant que le design se doit de raconter des histoires. » 

Autre attout, ses « handymade in Brussels », sacs réalisés à partir des bâches qui étaient tendues sur les échafaudages de la Grand-Place de Bruxelles, avec l’image de l’édifice concerné. A ce sujet, il nous confie : « À la fin des travaux, ils se sont retrouvés avec une immense bâche dont ils ne savaient que faire. Nous avons récupéré cette bâche, que nous avons découpée en morceaux de taille identique, qui ont été numérotés de 1 à 480. A partir de cette toile, nous avons créé des sacs qui étaient vendus avec l’image du bâtiment numérotée, ce qui permettait à l’acheteur de savoir précisément quelle ‘partie’ de la Grand-Place il venait d’acquérir. »

« Travaillant beaucoup à une échelle locale, nationale, avec des partenaires belges, tous ces sacs ont été cousus par une équipe uniquement composée de personnes sourdes et muettes – inscrits au sein d’une ‘ETA’ (‘Entreprise de Travail Adapté’) de la région Bruxelloise – pour réaliser l’assemblage. Pour moi, le design doit s’ouvrir et conquérir de nouveaux territoires. »

** En 2018, Paolo Leonardi, pour « Le Soir », nous rapportait le propos de Lionel Jadot : « Chaque atelier est indépendant en matière de consommations et l’occupant reçoit le wifi et le parking. Il a également accès à des espaces communs comme la cuisine, la terrasse, la cafétéria ou encore les différents salons qui servent à recevoir des gens. Chaque vendredi après-midi, on se réunit autour du feu ouvert dans le ‘grand hall’  – une pièce centrale commune, d’une superficie de 600 m2 – pour boire une bière et échanger nos expériences… »

Si ce‘grand hall’ pourrait très bien accueillir des repas festifs, de mariages ou autres, il ajoute : « Je refuse catégoriquement. ‘Zaventem Ateliers’ est et doit rester un lieu de production et de créationcentré autour du design. Chaque année, on travaille avec un curateur invité qui orchestre une série d’événements, comme les ‘show-cases’ bimestriels, où chacun présente ses pièces, ainsi qu’un ‘import/export’ annuel où l’on invite des designers et autres artistes.

Ouverture au public: les vendredis 11 et 18 septembre, de 13h à 18h. Adresse : Fabrieksstraat, 15-19. Site web : http://www.zaventemateliers.com/

***** Au « Balassi Institute », le « Centre cuturel hongrois », sis au N° 10 du Treurenberg – un lieu dont certains murs s’encastrent ceux de la première enceinte de Bruxelles, édifiée entre 1100 et 1138 -, nous trouvons l’exposition « The Future begins Now » (« Le Futur commence Maintenant »).

Le but de cette expo – à notre époque, où l’éventail des technologies innovantes ne cesse de s’élargir, son champ d’application ayant envahi les outils des designers en Hongrie – est de nous présenter le développement du monde de la mode, de présenter les pionniers du vêtement high-tech, du design de vêtements intelligents, des matières premières végétales, des innovations textiles et des tendances qui façonnent la mode du futur.

***** En terminant cette présentation, forcément subjective, ne pouvant détailler le travail de plus de cent designers, nous ne pouvons oublier d’évoquer le « Brussels Design Market », qui se déroulera les samedi 26 et dimanche 27 septembre, de 09h à 18h, dans les « Shed 3 & 4 », édifiés en 1903-1904, de« Tour et Taxis », situé au N° 86 de l’ avenue du Port, avec la présence, sur 8.000 m2, de plus de cent exposants, venus de toute l’Europe, 8.000 visiteurs ayant été accueillis en 2019.

Anoter que cet événement a été fondé en 2002, se déroulant alors en une seule journée, sous tentes, sur le place Saint-Lambert, à Woluwé-Saint-Lambert., avec la présence d’une trentaine d’exposants, certains venant d’Allemagne et des Pays-Bas. En 2010, le « Brussels Design Market » prenait place dans la« gare maritime » de  « Tour et Taxis », cette édition ayant accueilli 80 exposants.

Soulignons qu’au fil des ans, le « Brussels Design Market » a évolué, jusqu’à se positionner comme étant devenu  l’un des événements incontourables dans le calendrier du design vintage international, mieux même, le plus grand marché de « design vintage » en Europe.

Cette année, pour la seconde fois, un espace spécifique sera consacré au design contemporain, ouvert à 50 designers belges, connus ou émergeants, venus de diverses disciplines du design, de présenter et vendre leurs  créations, cette programmation étant organisée en collaboration avec « Flanders District of Creativity » et  « Wallonie Design ».  

Notons, enfin, le point de vue des organisateurs : « L’innovation de nos designers trouve une véritable place dans le paysage urbain. Ce qui participe amplement à l’activité économique et touristique de la Ville, la laissant rayonner  dans le monde culturel, sur le plan national, comme international. »

« Bruxelles a besoin d’événements qui placent la créativité et l’innovation au centre de leurs préocupations.  ‘          « Brussels Design   September » – avec le soutien de la Région de Bruxelles-Capitale, de la Ville de Bruxelles et de leurs partenaires – est fière d’y contribuer. »

Yves Calbert.

 

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