HAUTES FAGNES : les secteurs de l'hébergement et du tourisme gravement touchés

écrit par francois.detry
le 15/09/2026
Incendie dans les Hautes Fagnes

3.420 nuitées annulées suite à l'incendie qui ravage les Hautes Fagnes depuis le 14 août.

Ce nombre a été annoncé par la ministre du Tourisme, Valérie Lescrenier (Les Engagés) au parlement wallon, ce lundi 14 septembre 2026, juste un mois après le début de l'incendie des Hautes Fagnes. Mais il doit toujours être considéré avec prudence, a-t-elle précisé.

Le terrible incendie qui a ravagé 3 300 hectares des Hautes Fagnes depuis le 14 août 2026 a fait l'objet d'un long débat, juste un mois plus tard, ce lundi 14 septembre, en commission du Tourisme et du Patrimoine du parlement wallon.

La ministre Valérie Lescrenier (Les Engagés) y a fait le bilan et dressé des perspectives pour ces deux domaines de compétences. Au niveau de l'impact négatif du sinistre sur le tourisme, elle a fait état d'une enquête menée par l'administration wallonne auprès des structures d'hébergement en province de Liège, au-delà des 34 d'entre elles qui ont dû être évacuées.

Elle a toutefois indiqué que les résultats doivent être considérés "avec prudence" car seuls 238 opérateurs d'hébergement ont répondu à cette enquête, soit un taux de réponse de 12,8 %.

Néanmoins, nombre de ceux-ci sont situés dans le périmètre immédiat de l'incendie. Il s'agit "d'un échantillon significatif", selon la ministre, qui estime que les résultats définitifs (via les chiffres de fréquentation récoltés par Statbel, l'office national de la statistique, et attendus pour novembre) ne devraient pas être éloignés de ce qui est renseigné actuellement.

Selon les réponses à l'enquête déjà menée donc, 87 structures d'hébergement (hôtels, gîtes, etc.) ont dû fermer temporairement, dont 58 dans la partie francophone de la province de Liège. Cela se circonscrit surtout à Waimes (51 fermetures déclarées), puis Malmedy (6) et Stavelot (1). Fermetures, départs anticipés, demandes d'annulation ou report de réservations : cela représente au total 3 420 nuitées de perdues qui ont été enregistrées. Avec un prix moyen de "121 €", ça fait un gros manque-à-gagner. "Faites le calcul", a résumé la ministre. Nous l'avons fait : cela représente 413 820 €… au moins.

Quelles indemnisations ?

Devançant les questions des députés de chaque formation politique, la ministre Lescrenier a indiqué qu'aucun mécanisme d'indemnisation par la Région wallonne n'était actuellement mis en place. Car "la Région wallonne ne peut pas se substituer aux assurances". Or, au moment de répondre à l'enquête en tout cas, "nombre d'opérateurs n'ont pas encore pris contact avec leur assureur pour demander une indemnisation", a-t-elle avancé.

Cela ne concerne que le seul secteur de l'hébergement. Mais c'est tout un secteur touristique, au sens bien plus large, avec aussi les restaurants, les commerces, etc., qui a été impacté ; et bien au-delà de la zone directement touchée par l'incendie, ont insisté les députés qui sont intervenus en séance, notamment les deux élus de la région verviétoise, le Spadois Charles Gardier (MR) et le bourgmestre de Malmedy, Jean-Paul Bastin (Les Engagés).

Faire revenir les touristes mais éviter la saturation

Les différents intervenants, tous partis confondus, se sont montrés à l'unisson avec la ministre quant à l'avenir touristique de la zone touchée par le sinistre et ses environs, qui concentrent 10 % des nuitées de Wallonie : si des campagnes de promotion et d'information auprès d'un large public doivent être menées pour faire revenir des visiteurs, il ne faudrait non plus qu'il y ait un "effet d'engorgement" dans les zones non sinistrées ; il convient de mener une stratégie adéquate pour tenter d'organiser un tourisme diffus, dans un large périmètre au-delà du toit de la Belgique.

Les caillebotis ?

Les cheminements en bois qui permettent habituellement aux visiteurs et promeneurs de parcourir la réserve naturelle touchée ont bien évidemment brûlé dans l'incendie, alors que nombre d'entre eux venaient justement d'être refaits. Il faudra plusieurs années pour en voir de nouveaux être aménagés, a prévenu la ministre.

Et la route Charlemagne ? (La Via Mansuerisca, appelée aussi le Pavé Charlemagne, est une ancienne voirie qui traverse le plateau des Hautes-Fagnes en Belgique )

Enfin, au niveau du Patrimoine, il a été question du tronçon de la Via Mansuerisca, le Pavé de Charlemagne, dont l'existence était bien connue depuis longtemps mais qui a été mis à nu par l'incendie. Cette partie de la route Charlemagne, "dans une phase de reconstruction, se posera la question de la manière dont on pourrait la valoriser", a indiqué Valérie Lescrenier

( L’Avenir : : Franck Destrebecq, Journaliste )

 

 

  • Incendie dans les Hautes Fagnes
  • Les caillebottis ( photo : F.Detry )
  • Via Mansuerisca, appelée aussi le Pavé Charlemagne
  • Via Mansuerisca, appelée aussi le Pavé Charlemagne
  • Via Mansuerisca, appelée aussi le Pavé Charlemagne
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