La "Biennale de l'Image possible ("BIP"), à Liège, jusqu'au 25 Octobre

écrit par YvesCalbert
le 16/10/2020

La 12è édition de la "Biennale de l’Image Possible" ("BIP"), à Liège, se poursuit jusqu'au dimanche 25 octobre, investissant deux lieux insolites, d’une part, l’ex-magasin "Decathlon", rue Feronstrée, à proximité de la Place du Marché et de son Perron liégeois, ainsi que qu'à "La Menuiserie", sise rue de l'Académie, qui fut le site d’ateliers communaux de menuiserie, étant en attente de l'implantation du 1er centre d’entreprises, en Wallonie, dédié à la transition, porté par la coopérative "Novacitis".

Fenêtre ouverte sur toutes les formes d’images - et non plus exclusivement sur la photographie, comme à l'occasion des premières éditions -,"BIP" est un événement qui, par la force des arts visuels, explore tous les possibles, posant cette question, en 2020 : « quel est l’impact de l’art ? ».

"BIP", abordant un vaste champ des réponses possibles, est un événement d’envergure internationale, citoyen, activiste et participatif, qui réunit des artistes de tous horizons et générations.

"BIP" pose la question de l’impact de l’art sur le réel. Quel effet tangible produit-il sur nous (sur nos manières d’envisager notre place, nos actions, nos émotions et sentiments, et ceux des autres), sur les espaces et les temps qu’on habite (les lieux où l’on vit concrètement ou imaginairement, la mémoire, le présent…), sur la société et ses institutions et ses machines à informations ? Aucune réponse proposée, mais "BIP" se transforme en chambre d’échos, laissant la porte ouverte aux confrontations et à la disparité des opinions, des témoignages, des propositions.

En Feronstrée, sur les 2.500m2 de l'ancien "Décathlon", l'artiste français Sean Hart (°1981), au risque de choquer les ayant droit d' "Hergé" (Georges Remi/1907-1983), nous propose, dans son oeuvre "Parce que !", de découvrir "Tintin et Milou" transpercés par des lances de l'ex-Congo belge, qu'ils visitèrent dans "Tintin au Congo" (Ed. "Casterman"/115 pages noir et blanc, en 1931, 62 pages couleurs, en 1946).

Après avoir décoré, en 2014, les murs des stations de métro, à Paris, cet ancien étudiant de l' "École Nationale Supérieure des Arts", à Strasbourg, déclarait sa volonté de"mettre en place la surprise, le dérangement, les perturbations, la poésie en milieu urbain", ce qu'il vient de réaliser sur les murs et les portes de l'ex-"Décathlon", avec des phrases tels que : « Dans ma tête, il y a des vagues », « Je peuple les angles morts », « Heurts après heurts, encore debout, les yeux rivés sur les aurores je défie les augures », « Je suis plusieurs », ...

En ce lieu, nous découvrons, également, deux des trois projets lauréats de l'appel de "BIP", en 2019 : "Les 7 Péchés du Capitalisme" (curatrice : Ilan Weiss) et "Le Cabinet des Curiosités économiques" (curatrices : Amandine Faugère et Camille Lamy), chaque artiste abordant, de manières différentes, la question du capitalisme et du détournement.

Quant au 3è projet, "Me, Myself and I", porté par le curateur Pieter-Jan Valgaeren, qui interroge notre rapport aux écrans, nous le trouvons exposé à "La Menuiserie", où de nombreuses oeuvres nous sont proposées sur 3 étages.

Outre les artistes ayant participé à ce projet, nous en trouvons d'autres, exposant indiduellement, tel l'artiste franco-canadien Grégory Chatonsky (°1971), lauréat d'une dizaine de Prix, présentant, ici - en prolongation de son exposition, en 2019, au "Palais de Tokyo" -, sa série "Le Rêve des Machines".

Le parcours officiel de cette Biennale est complété, en écho, par différentes expositions proposées par des centres d’art liégeois, une multitude de lieux, à Liège et en Eurégio, nous présentant d'autres expos, dans le cadre du "BIP OFF Festival", des photograhies de sa série "Chronologie", de l'artiste liégeois David Widart (°1982) nous attendant, jusqu'à ce dimanche 18, à Bruxelles, au"Théâtre National Wallonie-Bruxelles".

A Liège, nous retrouvons le travail de ce photographe au sein de 100 bus locaux (lignes 1, 4 et 48), sous l'intiative du "Musée en plein Air", du Sart Tilman.

La "Galerie Satellite", rue du Mouton blanc, 20 (près du "Ciné Churchill"), nous présente, 7 jours sur 7, de 14h à 23h, "L'Ile Himero", des photographies prises par l'artiste française Alice Pallot (° 1995), à l'occasion d'un travail au sujet de deux volcans actifs, le Vulcano et le Stromboli, avec l'appui d'habitant.e.s vivant à proximité et de scentifiques

Les autres lieux officiels de la Biennale, nous présentant le travail de différents artistes, sont l" Le Corridor", l'ancien café "Le Bouquin", la "Galerie des Drapiers", "Les Brasseurs Art contemporain", la "Space Collection", la "Galerie Central" et la "Galerie des Beaux-Arts". Un bien beau parcours !

Une date à retenir, le jeudi 22, à 19h, l'artiste française Clara Thomine (°1990) donnera une conférence-performance, au "Ravi", Place Vivegnis, 36, nous proposant des réponses à différentes questions : "Est-il possile d'entrer en communication télépathique avec Greta Thunberg ?", "Peut-on réfléchir avec les miroirs ?", "Quels films peut-on réaliser avec une caméra en plâtre ?", ... Réservations : fanny.laixhay@liège.be ou via le site web : www.bip-liege.org.

Organisée par le "Centre culturel de Liège-Les Chiroux", cette 12è "Biennale de l’Image Possible", placée sous la direction de Jérôme Wyn et la direction artistique d'Anne-Françoise Lesuisse, n'attend que notre visite, les accès aux différents lieux étant gratuits, un guide du visiteur gratuit (48 pages, avec 16 photos en couleurs) y étant disponible. Site web : www.bip-liege.org.

Yves Calbert.

 

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