Les réfractaires il y a 65 ans- Au Grand-Duché de Luxembourg

écrit par mami
le 16/02/2009
Entree mine

Les réfractaires

A l’aube de l’année 1944 (février), nous sommes à Differdange (Grand-Duché du Luxembourg) et sa région.
Présent ! L’occupant décide de recruter parmi la jeunesse locale. Pour réaliser rapidement son objectif, il décide d’utiliser la rafle.
La rumeur se diffuse comme une traînée de poudre ! Les hommes réagissent et quelques jeunes décident, dès le début, de se soustraire à l’occupant.
Ils veulent se cacher !
Ils se rendent au lieu dit « Hondsbësch », à Niedercorn, non loin de Differdange. En fait, cet endroit est une cavité naturelle entourée de collines dans lesquelles il a été creusé une mine pour extraire du minerai de fer. Mais celle-ci est toujours en exploitation.
Une dizaine de jeunes s’y cachent pour passer la nuit. Le lendemain, ils apprennent que les rafles sont maintenues et ils décident de séjourner dans la mine. Pour ce faire, ils inspectent des galeries désaffectées qu’ils viennent de découvrir.
Ils optent, suite au danger persistant, d’y rester et aménagent les galeries en dortoir, salle de séjour et à manger. Cette décision leur permettra de séjourner dans la mine pendant plusieurs mois.
Les dix sont rejoints par d’autres réfractaires. Au total, ils seront cent vingt (120) et vivront dans les courants d’air et l’humidité.
Les aménagements étant terminés, reste la problématique de la confidentialité et de la nourriture.
Une première décision est prise. La peur de la dénonciation étant, ils imaginent que tous les pensionnaires doivent prêter serment. Ils confectionnent un autel, surmonté de la photo de la Grande-Duchesse et posent, à même sur une petite dalle, une bible et un pistolet.
Chacun prête serment à la Grande-Duchesse. L’arme étant là pour rappeler que toute personne ne respectant pas ses engagements serait abattue.
La mine est toujours exploitée et son entrée est au pied d’une colline.
La galerie d’exploitation principale est située au milieu de la colline et les galeries désaffectées au-dessus d’elle. Des zones aménagées, il part un petit tunnel qui débouche à la partie supérieure de la colline. C’est de là que l’approvisionnement en nourriture est réalisé. 100 kg de pain par jour sont nécessaires pour satisfaire l'appétit ces jeunes gens.
La vie dans les anciennes galeries n’est pas facile, d’autant qu’ils savent qu’en dessous-d’eux, des hommes travaillent. Ils s’imposent un silence total entre 8h et 22h. Ils dorment le jour et vivent la nuit.
La présence de ces locataires est rendue possible grâce au gardien de la mine, auquel les réfractaires s’étaient confiés. Ce gardien est Jean-Pierre GRATIA, surnommé « Jempy ». Il est le garant des réfractaires, empêchant toute intrusion. Son habit austère de gardien faisait office de barrière à tout intrus. Il assuma jusqu’au jour du départ des réfractaires, soit 8 mois.

Extrait de la revue « 120 REFRACTAIREN ËNNERT DEM BUEDEM»

MGM

Légendes des photos
Entrée de la mine
Photo représentant l’aménagement de la mine
Le gardien

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