Début de la migration des batraciens

écrit par francois.detry
le 16/03/2023
( Photo F. Detry )

CHAQUE ANNÉE, DÈS LA FIN DE L'HIVER, LES BATRACIENS MIGRENT EN MASSE VERS LEURS LIEUX DE REPRODUCTION, BRAVANT DE NOMBREUX DANGERS. LES ROUTES TRÈS FRÉQUENTÉES PEUVENT AINSI CONSTITUER, POUR EUX, UN PIÈGE MORTEL. DES VOLONTAIRES SE MOBILISENT POUR LES AIDER

De fin février à avril, les batraciens sortent d'hibernation pour regagner leur lieu de naissance et s’y reproduire. Une longue migration qui débute lorsque les conditions météo sont favorables : des températures nocturnes d’au moins 7° C, avec un ciel couvert/nuageux et un taux élevé d’humidité.

PROTÉGER ET RECENSER   Durant 2 mois, dès le coucher du soleil, crapauds, grenouilles, tritons et même salamandres entament ainsi un périlleux voyage, parfois sur plusieurs kilomètres, à travers bois et prairies, traversant nos routes au péril de leur vie et se concentrant sur certaines voies appelées « routes à amphibiens ». Ils sont des milliers à se déplacer par vagues successives en fonction de l'évolution de la météo. Et une fois l'accouplement terminé, ils parcourent le chemin inverse. Pour leur venir en aide, Natagora, asbl de protection de la nature soutenue par la Wallonie, organise, chaque année, des opérations de sauvetage grâce à un réseau de volontaires répartis en zones géographiques. Objectif : sauver un maximum d’individus, mais aussi identifier les zones de migration et les espèces qui les traversent, et cartographier les « zones noires », où les batraciens en migration paient un tribut parfois très lourd au trafic routier.

DES ESPÈCES MENACÉES   Les batraciens sont menacés par les dérèglements climatiques et la destruction de leurs habitats naturels, avec l’urbanisation, le comblement des mares... Mais aussi par la pollution de l’air, de l’eau et des sols, source de perturbations pour ces espèces particulièrement sensibles aux polluants et à la diminution des ressources alimentaires qu’ils entraînent. En outre, la densification du réseau routier engendre une surmortalité lors des migrations et contribue à l’isolement des populations locales. Enfin, certaines espèces exotiques envahissantes sont porteuses de maladies qui affectent nos populations indigènes. La régression des batraciens, ou leur disparition, représente un risque majeur : celui de briser l’équilibre de nos écosystèmes, où ils jouent un rôle important. Ils se nourrissent, en effet, de petits invertébrés comme les larves de moustiques ou de limaces, et constituent des proies pour de nombreux prédateurs terrestres, aquatiques ou ailés. Ils font aussi partie de notre patrimoine naturel. Depuis 20 ans, les opérations d'aide aux passages migratoires de batraciens ont permis d’aider plusieurs dizaines de milliers d’amphibiens chaque année.

ENVIE DE VOUS PORTER VOLONTAIRE ? D’ENCADRER UN GROUPE ?   Natagora propose, sur son site, une carte interactive permettant d’afficher les zones de traversées et de rejoindre ou constituer un groupe de volontaires. Elle livre aussi des conseils de sécurité et des informations pratiques pour les sauvetages. Elle édite des publications et lance des campagnes de sensibilisation auprès du public.

( Natagora )

AUTOMOBILISTES   À proximité de « routes à amphibiens », roulez à moins de 30 km/h pour éviter qu’ils ne soient aspirés et projetés contre les soubassements des véhicules. Au besoin, allumez vos feux de détresse

                                *****  MESURES DE SÉCURITÉ  **** ( Natagora)

Votre sécurité passe avant tout !

- Restez attentifs à votre propre sécurité. Ne la mettez pas en danger pour sauver un animal.
 

- Il est nécessaire de se munir d'un dossard réfléchissant et d'une lampe torche. Emportez également un seau, des vêtements chauds et imperméables.
 

- Évitez de diriger votre lampe de poche vers les voitures en circulation, vous risqueriez d'éblouir les conducteurs.
 

- Marchez toujours sur l'accotement en faisant face aux véhicules qui viennent dans votre direction.

- Si vous êtes accompagnés d'enfants, veillez à ce qu'ils ne se mettent pas en danger pour sauver un batracien traversant la route.
 

- La plus grande prudence est de mise, chacun participe à titre personnel !

Lors de la manipulation des amphibiens

- La peau des batraciens est enduite d'un mucus qui la protège du dessèchement. En manipulant les animaux, vous pouvez abîmer cette couche protectrice : mieux vaut y toucher un minimum, même si elle se reconstituera par les sécrétions cutanées. A cette fin, gardez les animaux en main le moins longtemps possible, et manipulez-les avec des mains humides. S'il faut les transporter sur de longues distances, placez-les dans un seau propre. Si vous protégez vos mains par des gants, veillez à ce qu'ils ne soient enduits d'aucun produit (talc sur certains gants en caoutchouc, par exemple). Évitez aussi les gants en laine ou constitués d'une substance abrasive.

- Certains batraciens - tel le crapaud commun - secrètent également un venin (inoffensif car il ne peut être inoculé) ! Il peut toutefois être irritant s'il entre en contact avec les muqueuses des yeux ou du nez. Pensez-y, surtout si vous avez un tempérament allergique.

- Manipulez les batraciens avec délicatesse, tout spécialement les tritons. Vu leur taille, leur ossature n'est pas à toute épreuve. Une chute de hauteur d'homme peut leur causer des lésions internes invisibles.

- Évitez de parcourir des sols non dénudés en groupe afin de ne pas écraser les batraciens que vous êtes venus sauver.

 

 

 

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