Houffalois, méfiez-vous de facebook...

écrit par ReneDislaire
le 05/09/2020
L'avatar de HDOP

Publier est une lourde responsabilité sociale.
L’internet est un fameux piège pour les gens crédules non aguerris. Que dire des réseaux sociaux. Ici, de facebook.
Ainsi, il y a trois jours, nombreux peuvent-ils être parmi les 1500 membres d’un groupe houffalois de facebook à être allés se coucher plus idiots qu’en se levant le matin.
Pourquoi ? Comment?
En lisant les douze lignes d’une publication du plus prolixe d’entre eux, donc qui a un certain art de s’exprimer et de fournir un contenu qui plait.
Nous l’appellerons par un nom d’emprunt : HDOP, l’Homme Dont On Parle.
Depuis qu’il a été question du corona virus, comme on disait alors, HDOP s’est préoccupé d’instruire et conseiller quotiennement son monde. Non sans être abondamment liké, sinon, c’est comme ça, on ne continue pas. i

HDOP a transmis des liens.
Un lien vers une vidéo  ridiculisant « la Grosse », Madame la ministre fédérale de la Santé au faîte de ses prises de responsabilités, qui faisait sulfater d’un avion un déparasitant sur toute la Wallonie avec un dialogue plus crétin tu meurs.
Des liens vers des médecins dont Michel Cymes, homme d‘affaires plus connu par les seins d’Adriana Karambeu que par son savoir.
Les derniers temps HDOP a gavé ses  lecteurs d'une pléthore d’articles redondants sur les dangers du port du masque, et sur l’imbécilité des experts scientifiques et des responsables politiques en charge de la lutte contre le virus et la prévention.

Les douze lignes dont nous parlons (voir capture d’écran, image 2) sont introduites par un détail de vie privée qui fait toujours recette dans la presse à sensation : HDOP a des enfants en âge de scolarité, dans le secondaire semble-t-il, et c’est à titre de père de famille qu’il intervient.
Rien qu’un tel détail invite d’emblée le public averti à la circonspection, à la méfiance.

Ces douze lignes
1. Nos dirigeants, donc la Première ministre Madame Wilmès en tête, ont commis et commettent un crime contre l’Humanité par les mesures édictées qui imposent le port de masques.
Si HDOP écrit cela, c’est qu’il détient un fameux capital de confiance.
Article 7 du statut de Rome : "il y a crime contre l’humanité  dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique dirigée contre toute population civile : meurtre ; esclavage ; déportation ; emprisonnement abusif ; torture ; abus sexuels persécution de masse ; disparitions ; apartheid, etc." (source: Wikipedia).
En général les présumés auteurs sont jugés par la Cour Internationale de justice à La Haye, et le procès s’écoule parfois sur plusieurs années.
La notion de crime contre l’Humanité remonte au procès de Nuremberg (les responsables nazis durant la guerre).
Le crime en l’occurrence n’a-t-il pas été de fausser et de banaliser ce concept de crime contre l’Humanité en écrivant que Mme Wilmès et son équipe ont accompli et accomplissent de tels actes ?
Si l'article a été liké, c'est que des lecteurs y ont cru et ce, parmi un nombre de personnes plus large.
2. Le crime est précisé : c’est d’ « obliger les enfants à porter un masque (bourré de bactéries) alors qu’ils ne sont pas des personnes à risques ».
On sait tous qui sont indubitablement certaines personnes à risques, mais ne pas l’être est-il un concept administratif répondant à des critères précis ?
Toujours est-il qu’en parlant des enfants, il s’agit ici d’élèves et pas d’écoliers, et que les élèves, plus de 12 ans, présentent certains risques puisque la règle est qu’ils portent un masque là où les moins de 12 ans en sont dispensés. La mesure dans les écoles est donc logique.

Mais simple constat, on lit que le gouvernement belge oblige les enfants à porter un masque bourré de bactéries.
Or on peut présumer qu’il n’est pas interdit de porter un masque propre, et on peut quand même faire confiance à des enfants ayant atteint l’âge de raison.

Mais le problème, et c'est un constat là aussi, c' est de parler de masques bourrés de bactéries. Cela est bêtifiant.
Tout le monde sait que la pandémie est due à un virus qui se propage. C’est pour ça qu’on parle de coronavirus, ou de covid, CO comme corona, VI comme virus.
Un virus et une bactérie, ce n’est pas la même chose.
Ici nous voulons souligner que les mots on un sens, et qu’il faut y être attentif quand on écrit à l’intention d’un large public que l’on se sent vocation à éduquer.
Surtout qu’on parle d’un sujet grave, une maladie létale qui frappe de plein fouet les habitants de toute la planète et en paralyse l'activité économique, pas d’une recette de soupe au chou.
[Pour dire vite : tous les virus sont méchants, ce qui n’est pas le cas  des bactéries. Et leur nature est forcément différente, leur mode de transmission, ce qui est important, également.
Nous ne faisons pas de la médecine, rien qu’une analyse de vocabulaire.]
Quand le communicateur quotidien du groupe facebook parle de bactéries, certains esprits moins instruits pourraient le croire. Et passer ensuite pour des idiots avec l’assurance des gens qui disent : "c’est vrai, je l’ai lu dans facebook."
Devrait-on croire que HDJP n’a jamais ouvert même pas un seul des liens qu’il a transmis ?
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Ceci est une sorte de post scriptum.
Un ajout concernant la phrase prenant 2 lignes sur les douze.
"Tout ça pendant que des adultes se prélassent en terrasse en sirotant une bière sans aucune protection".
« Tout ça », c’est-à-dire les enfants victimes d’un crime commis délibérément par Madame Wilmès.
Cette phrase, d’un populisme maléfique, est de nature à monter les uns contre les autres les membres d’une communauté locale y compris ses hôtes, les touristes.
"Se prélassent, sirotent" : les mots ont un sens. On ne peut pas dire qu’ici ils ont été choisis neutres.
Sachons quand même que sur les terrasses, les mesures du Gouvernement permettent de boire un verre sous certaines conditions. Celle-ci ont été négociées, bien accueillies ; chacun savait et sait qu’elles ne seraient et ne sont pas appliquées à la lettre: il en a été tenu compte en les fixant. Ces mesures, c'est ce que les gens veulent, et elles sont d'intérêt général. En temps de guerre toute bonne mesure peut avoir des effets collatéraux non désirés.

Fallait-il, pour argumenter son opposition au port des masques, stigmatiser les touristes qui dépensent leur budget vacances, de quoi mettre leur écot dans les caisses vides des commerçants, et culpabiliser ces derniers dans leur activité ?
Cette description ne doit pas combler d’aise les travailleurs de l’HORECA, dont l'activité est primordiale dans l’économie houffaloise, activité dont les retombées impactent avec bonheur la vie de toute la cité ; ces travailleurs se passeraient bien d’un tel discrédit.

Vraiment, les écoles d’un côté de la rue où se produit un crime contre l'humanité, les terrasses où l'on se prélasse de l’autre. On a l’impression d’assister au spectacle scandaleux du soir de la bataille de Waterloo: les généraux et officiers coalisés de l'armée des Alliés, dirigée par le duc de Wellington, Britanniques, Allemands, Belgo-Néerlandais rejoints par les Prussiens commandés par le maréchal Blücher, en train de festoyer sous les gémissements et râles des blessés de leurs soldats et de ceux de la Grande armée laissés à leur sort, agonisant sur le champ de bataille.
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Rappelons que les douze lignes ont été abondamment likées, et pas par n’importe qui, ce qui en assoit parmi tous les lecteurs les non-sens qui ont été gobés.

Notre moteur en écrivant ceci n'était certes pas de lustrer les palmes d’or du populisme.
Juste attirer une fois de plus l'attention sur le fait que les mots ont un sens et qu’écrire est une responsabilité sociale.
Notre moteur aura été d’assumer la nôtre.

René Dislaire ©  Houffalize, le 5 septembre 2020

Illustration: l'avatar de HDOP, et les 12 lignes dont il est lauteur.

Présentation. Houffalize. Le vecteur du Covid est une bactérie. Les enfants sont victimes d'un crime contre l'Humanité commis par nos gouvernants. Les travailleurs de l'HORECA et les touristes s'en moquent. 
 

  • L'avatar de HDOP
  • Les "douze lignes" Les deux premières et les deux dernières n'en font pas partie...
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