« Art nouveau versus Art déco ? 1850 – 1950 : un siècle en 31 sièges », au « Musée Horta », jusqu’au 10 Janvier 2027

Jusqu’au dimanche 10 janvier 2027, le « Musée Horta » nous présente son exposition temporaire « Art nouveau versus Art Déco ? 1850–1950 : un siècle en 31 sièges », ces sièges ayant été conçus par de grands architectes et designers, de Victor Horta (1861-1947) & Henry van de Velde (1863-1957) à Le Corbusier (Charles-Édouard Jeanneret/1887-1965) & Marcel Breuer (1902-1981), tous ont été confrontés à la même question : comment
réinventer l’art d’habiter son temps ? Cette exposition nous propose une lecture inédite d’un siècle de transformations du design & de l’architecture dans le monde occidental.
Souvent présentés comme opposés, l’ « Art nouveau » & l’ « Art déco » sont mis, ici, en dialogue, à travers le siège, objet emblématique de l’architecture intérieure, qui devient le fil conducteur du parcours et révèle les continuités entre générations de créateurs. En parallèle, des étudiants en design industriel de l’ « ENSAV-La Cambre » (« École Nationale Supérieure des Arts Visuels ») s’invitent dans la maison-atelier de Victor Horta, en nous présentant leurs créations de prototypes d’assises pour les visiteurs. L’un d’entre eux sera sélectionné pour rejoindre, durablement, le parcours de la visite du « Musée Horta ».
Le siège est à la fois l’objet le plus ordinaire et l’un des plus complexes à concevoir. Il doit être solide, confortable, fonctionnel. Mais il est, aussi, porteur d’idées, d’innovations & de symboles, chaque génération de créateurs y projettant sa vision du monde.
En réunissant 31 sièges exceptionnels, cette exposition est une première, à plus d’un titre, nous proposant une lecture originale de l‘histoire du design, de l’architecture & des arts décoratifs, entre 1850 et 1950. À travers eux, nous comprenons que les styles ne se succèdent jamais de manière linéaire : ils dialoguent, se croisent et se répondent.
À la fin du XIXe siècle, les pionniers de l’ « Art nouveau » rompent avec les modèles hérités du passé. La structure devient visible, les lignes se libèrent, les formes végétales envahissent le mobilier. Moment de transition, dans les années 1910, où les créateurs hésitent entre tradition & innovation.
Puis surgissent les multiples visages de la modernité : géométries raffinées de l’ « Art déco », radicalité du modernisme, fascination pour la machine, démocratisation du mobilier industriel. Enfin, à partir des années 1930, une nouvelle attention au confort, à l’ergonomie & aux formes organiques annonce déjà le design contemporain.
La révolution industrielle transforme profondément le mobilier. Métal tubulaire, bois courbé, contreplaqué moulé : les innovations techniques ouvrent des possibilités inédites et favorisent l’accès du plus grand nombre au design. Face à l’industrialisation, certains créateurs redécouvrent les savoir-faire populaires et l’artisanat. Simplicité, authenticité et matériaux naturels deviennent les moteurs d’un renouveau esthétique.
Des fleurs sculptées d’Émile Gallé (1861-1942) aux motifs stylisés de l’ « Art déco« , la nature constitue une
source d’inspiration inépuisable. Entre observation et imagination, les créateurs la réinventent sans cesse.
À travers ces pièces parfois spectaculaires, parfois étonnamment simples, nous découvrons un siècle de mutations. Les sièges deviennent les témoins privilégiés des grandes transformations qui traversent la société : industrialisation, modernité, fascination pour la nature, innovations techniques ou encore ouverture au monde. Bien plus qu’une exposition de mobilier, ce parcours invite à comprendre comment les artistes et architectes ont imaginé de nouvelles façons de vivre.
Le Japon, le Moyen-Orient, ou encore les traditions occidentales nourrissent de nouvelles expressions artistiques. Les influences circulent et façonnent un langage esthétique de plus en plus international. Au fil du parcours, une évidence s’impose : derrière chaque siège se cache une manière d’habiter le monde.
La présente exposition, de portée internationale, est l’occasion d’inscrire le « Musée Horta » dans un réseau & des relais encore inédits (liste non exhaustive) : « Association Maison blanche », « Musée des Arts décoratifs », à Paris, « Musée d’Orsay », « The Museum of Decorative Arts », à Prague,« Musée des Années Trente », à Boulogne-Billancourt, & le « Vitra Design Museum », à Weil am Rhein.
*** Restauration du « Musée Horta » :
Bien sûr, tout passage par les N° 23, 25 & 27 de la rue Américaine, devrait nous inciter à (re)découvrir toutes les richesses du « Musée Horta », figurant sur la liste du « patrimoine mondial de l’UNESCO ».
La volonté du musée étant de préserver de manière exemplaire l’intégrité architecturale et artistique de la maison- atelier de Victor Horta, un vaste programme de restaurations, de restitutions & de transformations, représentant un investissement global de 800 000 euros, a été entrepris, ce chantier d’envergure s’inscrivant dans une vision stratégique à long terme, qui dépasse la seule logique d’entretien, ce devant de réinventer l’expérience des visites.
En novembre 2026, l’ensemble de ce premier programme de restauration devrait être terminé, une seconde étape, en 2029, prévoyant l’ouverture du jardin aux visiteurs et le réaménagement de l’atelier de Victor Horta.
Les façades, côté rue et côté jardin, font l’objet de restaurations approfondies, visant à répondre à des urgences
structurelles, liées à l’état des châssis, aux risques d’infiltration et à la corrosion des ferronneries, tout en restituant les teintes, matières & finitions historiques, grâce à des études stratigraphiques et à des techniques traditionnelles.
*** « Maison Horta », atelier & annexe :
Au N° 25 de la rue Américaine, la « Maison Horta » nous accueille, construite en 1900, par Jules Brunfaut (1852-1942), elle nous offre des espaces et les décors soigneusement restaurés & restitués, depuis 1969. Les meubles & objets venus d’ailleurs évoquent fidèlement l’esthétique de l’époque.
En 1898, Victor Horta acheta deux parcelles pour y bâtir sa maison et son atelier, achevés en 1901. Dès l’entrée, un hall élégant et un parloir nous accueillent. A l’étage, les vastes espaces de réception s’organisent autour d’une spectaculaire cage d’escalier, inondée d’une lumière filtrée par les verres d’un lanterneau. Ici, l’intimité familiale donne le ton : un boudoir, un salon de famille et des chambres accueillent Victor Horta, sa femme, sa fille et les amis de passage. Les domestiques se logent sous les toits.
Déambuler, dans les espaces intérieurs, c’est se laisser aller à une vraie promenade architecturale. Les bois précieux, les vitraux, l’usage du métal et les couleurs automnales forment une harmonie tout en contraste. Ornements, meubles intégrés et décors, inspirés par une nature toujours en mouvement, apportent à cet intérieur une tonalité singulière, comme un refuge propice à la contemplation.
Au N° 23, les anciens bureaux & ateliers évoluent, aujourd’hui, vers des espaces didactiques dédiés à la compréhension de l’œuvre de Victor Horta. L’atelier est conçu pour répondre aux besoins de la création architecturale. Du rez-de-chaussée, initialement dédié à l’administration, nous montons au fumoir, un espace de réception pour les clients. A côté, le bureau de Victor Horta s’ouvre sur le jardin. Baigné de lumière, le deuxième étage accueillait les dessinateurs, chargés de donner forme aux idées et aux détails imaginés par Victor Horta. En sous-sol, un atelier de sculpture permettait de concrétiser les dessins en volumes.
Quelques détails décoratifs égaient aussi cet univers de travail, différents espaces permettant, à présent, de comprendre le fonctionnement de cet atelier, de découvrir l’histoire de la restauration du lieu, de s’initier plus globalement à l’œuvre, à la vie et au parcours de l’architecte.
Au N° 27, un espace moderne nous attend, déchargeant les deux bâtiments historiques.Transformée en 2016, cette annexe est reliée à la maison-atelier. En y ayant déménagé les services de vente, de gestion & de recherche, elle épargne la maison-atelier et libère de nombreux espaces historiques à la visite.
Outre la découverte, jusqu’au dimanche 10 janvier 2027, de l’exposition temporaire « Art nouveau versus Art déco ? 1850 – 1950 : un siècle en 31 sièges », nous recomendons, bien sûr, la visite du « Musée Horta ».
*** Infos pratiques :
Ouverture : jusqu’au dimanche 10 janvier 2027, de 14h à 17h30, du mardi au vendredi, de 11h à 17h30, le samedi & le dimanche (dernières entrées à 17h). Fermetures : mardi 21 juillet, samedi 15 août, dimanche 01 novembre, mercredi 11 novembre, vendredi 25 décembre 2026 & 01 janvier 2027. Prix d’entrée : gratuité pour l’exposition / pour le Musée : 14€ (6€, de 18 à 29 ans & pour les demandeurs d’emploi / 3€50, de 6 à 17 ans & pour les détenteurs d’une carte européenne du handicap / 1€50, pour les « Art. 27 » / 0€, pour les moins de 6 ans & pour tous, les premiers dimanches du mois). Adresse : rue Américaine, 27, 1060 Saint-Gilles. Contacts : 02/543.04.90 & info@hortamuseum.be. Site web : www.hortamuseum.be.
Yves Calbert.


































