"Still Standing for Culture", démocratie en danger, à Floreffe, Liège et Namur, ce 20 Février

écrit par YvesCalbert
le 19/02/2021

A l’exception des musées et des expositions, la Culture, indispensable à notre développement, est à l’arrêt depuis près de quatre mois, ceci, dans notre intérêt à tous, n’étant plus tenable. Aussi, un mouvement national, « Still Standing for Culture », prendra place ce samedi 20 février.

Dans tous les cas, toutes les mesures sanitaires seront mises en place, pour que chacun puisse y participer en toute sécurité.

*** « Namur en Mai »,… à Namur :

Le rendez-vous est fixé ce samedi 20 février, à 10h30, pour un maximum de 100 personnes, préalablement  inscrites. Le message des organisateurs est le suivant : « Nous avons besoin de vous pour manifester à cette occasion, par votre présence devant notre « scène de non-spectacle ». Seront présent des artistes immobiles, devant vous, dans un public restreint, des professionnels de la culture et des psychologues pour alerter sur la  nécessité de déconfiner progressivement le secteur dès le mois de mars. »

« Depuis des mois, l’équipe de « Namur en Mai » et l’ensemble du secteur culturel, événementiel et artistique  travaillent à l’aveugle. La situation sanitaire et les mesures politiques actuelles privent les organisateurs de perspectives et le public des espaces culturels nécessaires à sa santé mentale. »

« Et ce, malgré un travail colossal de mise en place de scénarios et de procédures adaptées pour organiser des événements sûrs et respectueux des normes sanitaires. » 

« Aujourd’hui, notre capacité d’accueil du public et le caractère plus qu’essentiel de la Culture nous amène à demander la réouverture du secteur culturel dès début mars, moyennant un processus de déconfinement progressif mais réaliste et l’autorisation des événements sécurisés en plein air. »

« Vous êtes namurois.es, prenez quelques instants, par cette action symbolique, pour afficher votre soutien et aider notre secteur à l’arrêt depuis trop longtemps ! »

« Toute l’équipe de « Namur en Mai » espère pouvoir compter sur votre solidarité et vous voir ce samedi pour montrer qu’il est possible, aujourd’hui, d’organiser des moments culturels, indispensables pour tous. »

« Rouvrir la Culture… avec toi et grâce à toi », écrit Samuel Chappel - directeur de l’asbl « LaSemo », organisatrice du Festival éponyme, organisé en été, dans le Parc d’Enghien, mais, également de « Namur en Mai » - encourageant ses festivaliers du Brabant Wallon, à participer à ce mouvement national  « Still Standing for Culture », en se rendant à Namur, ce samedi 20 février, à 10h30.

*** Au « Caméo », à Namur :

De son côté, l’asbl « Les Grignoux », qui gère le « Caméo », participera à cette action réunissant des travailleur.se.s de la Culture, des lieux culturels et des fédérations artistiques.

Voici la teneur de leur communiqué : « Les lieux culturels – à quelques exceptions près – sont fermés depuis octobre 2020. Cette seconde fermeture est désormais plus longue que celle du printemps dernier. En un an, les salles de cinéma auront pu accueillir le public pendant… quatre mois. D’autres lieux culturels n’ont même pas eu la possibilité d’ouvrir entre les deux confinements. »

« Depuis un an, la Culture sert de ‘variable d’ajustement’ pour permettre à d’autres secteurs de fonctionner. Les
différences de régimes sont de plus en plus indécentes, de plus en plus incompréhensibles. La Culture est-elle,  désormais ,considérée comme si peu importante qu’elle peut être bafouée, oubliée, interdite ? La réalité des travailleurs de notre secteur est extrêmement dure. »

« La majorité des 170 collègues des « Grignoux » est au chômage de longue durée depuis l’automne… Sans oublier bien sûr d’être solidaire avec celles et ceux dans le secteur culturel qui n’ont pas droit aux indemnités ou qui ont perdu leur emploi. Nous pensons évidemment aussi à nos spectateurs qui nous écrivent que nos cinémas incarnent le lien social, le partage de la culture, le bien commun, les découvertes conviviales et instructives. »

« Que nos brasseries (le « Caféo », à Namur/ndlr) sont des lieux de détente, de rencontres, d’échanges, de fêtes,  de rendez-vous… Nous leur manquons… et ils nous manquent. Il est temps de nous retrouver ! »

Evoquant le "Caféo", signalons qu'étant fermé, il offre sa vitrine à "Anima" (le "Festival international du Film d'Animation de Bruxelles", qui est organisé en ligne jusquà ce dimanche 21 février), une réalisation des élèves des cours d'Infographie et de Sérigraphie de l’ "Académie des Beaux-Arts" de Namur, ce Festival connaissant chaque année, sauf en 2021, virus oblige, une tant attendue décentralisation namuroise.

Sur un plan pratique, ce samedi 20 février, de 10 à 16h, les travailleurs du « Caméo » mettront en place un système de « tickets suspendus ». Se relayant, ils accueilleront le public en l’invitant à utiliser un (faux) ticket de Cinéma pour y inscrire un slogan, un mot, une phrase de soutien, un dessin évocateur. Ces faux tickets seront ensuite  suspendus le long d’un fil qui restera visible toute la journée.

*** Au « Sauvenière », à Liège :

Notons que « Les Grignoux » étant une a bl liégeoise, ils organiseront une action semblable à Liège, au « Sauvenière », avec, en prime, de 14h à 17h, une projection de films muets sur les fenêtres de la brasserie. Dans le halle de ce même Cinéma, nous sommes invités à une (non-)représentation du spectacle « jeune public » des « Ateliers de la Colline », pour une (non-)représentation de leur spectacle « Jusque…là-bas », dont les dernières représentations scolaires ont été annulées. Comédiens en costume, décor monté, gradin en place… Ils sont prêts à jouer. Mais circulez, c’est interdit !

A souligner, le message adressé aux « Grignoux », par Jean-Pierre Dardenne, lauréat, avec son frère Luc, de deux  « Palmes d’Or » et d’autres Prix, au « Festival de Cannes », quatre de leurs films ayant reçu le « Prix André Cavens » de l’ « Union de la Critique du Cinéma », l’un d’eux remportant trois « Magritte du Cinéma », d’autres  étant primés de San Diego à Sydney : « Chères amies et amis des ‘Grignoux’, Bravissimo pour le ‘Cinépilou’ et les films avec débats sur la 25ème heure. Ce n’est pas du ‘présentiel’ mais c’est du direct et le direct c’est vivant. Je crois que nous sommes nombreuses et nombreux à nous réjouir de ces actions de programmation et d’éducation permanente. Comme vous, je suis persuadé que cela fortifie un vrai lien avec chacune et chacun de vos fidèles spectatrices et spectateurs. Je suis prêt à parier que cela permet aussi de créer des liens avec des personnes qui ne sont encore jamais venues dans vos salles.
Vivement la réouverture ! »

Ajoutons que le jeudi 25 février, à 20h, un film sera diffusé en ligne par « Les Grignoux » : « Light of my Life »  (Casey Affleck/USA/2019/119′), la projection étant précédée d’une introduction, sous forme de questions/ réponses, par un spécialiste du Cinéma de Genre, Christophe Mavroudis et par un animateur des « Grignoux », Nicolas  Bruyelle. Tarif familial unique : 6€, via le site web : http://www.grignoux.be.

Synopsis : « Dans un futur proche où la population féminine a été éradiquée, un père tâche de protéger Rag, sa fille unique, miraculeusement épargnée. Dans ce monde brutal dominé par les instincts primaires, la survie passe par une stricte discipline, faite de fuite permanente et de subterfuges. Mais il le sait, son plus grand défi est ailleurs: alors que  tout s’effondre, comment maintenir l’illusion d’un quotidien insouciant et préserver la complicité fusionnelle avec sa fille ? »

Critiques de la presse :

Par David Speranski, pour « Les Fiches du Cinéma » : « Avec ‘Light of My Life’, son premier véritable film de fiction,  Casey Affleck, acteur talentueux et reconnu, passe avec succès l’épreuve de la mise en scène et parvient à évoquer les questions contemporaines les plus brûlantes, de la pandémie au féminisme. »

Par Victoria Gairin, pour « Le Point » : « Avec délicatesse et poésie, ‘Light of my Life’ met l’accent sur les violences et les bontés de mère Nature, et sur la beauté de l’amour filial. Bouleversant. »

Par Jean-Pierre Andrevon, pour « L’Ecran fantastique » : « Certes, ‘Light Of My Life’ peut au départ rebuter. Mais c’est un film qui se mérite et qui, une fois qu’on y a pénétré et qu’on se laisse envoûter, nous imprègne sur une fascination durable. »

Pour nos enfants, dès 4 ans, le vendredi 26 février, à 18h, une séance de « Cinépilou », avec trois courts-métrages : « La Sorcière dans les Airs » (Jan Lachauer & Max Lang/UK/animation/2013/25’/avec, comme narrateur, Pierre Richard/film nommé, en 2014, pour l’ « Oscar du Meilleur Court-Métrage d’Animation »)  ; « Juste un petit peu »  (Suède/09′) et « Un Jour merveilleux » (Lettonie/animation  pâte à modeler/15′).Tarif familial : 5€ (7€, en libre choix,  pour soutenir « Les Grignoux »), via le site web : http://www.grignoux.be. Deux liens sont envoyés, l’un pour la  séance et l’autre pour accéder à des activités, à réaliser en famille sur le thème du film. Pour tout renseignement :  contact@cinepilou.be.

Critiques du dessin animé « La Sorcière dans les Airs », par Isabelle Boudet, pour « Les Fiches du Cinéma » : « Par l’équipe du ‘Gruffalo’, un conte tout mignon sans être mièvre. L’animation dense et gaie se met au service d’une histoire simple et drôle ; par Jérémie Couston, pour « Télérama » : « L’éloge de la ruse et de la solidarité. Les enfants, et leurs parents, seront aux anges. »

*** Retour à « Still Standing for Culture », au « Delta », à Namur :

Le « Delta », espace culturel de la Province de Namur, participe activement à cet évènement, afin de soutenir le collectif et les artistes privés de leur métier et de leur passion. Ce samedi 20 février, « on fera Culture », à Namur ! 

Dans le respect des mesures sanitaires, pas de présentiel, mais il sera possible de suivre différentes interventions artistiques projetées sur la façade du « Delta », en fin de journée, voire bien installés, chez nous, sur le site web :  http://www.stillstandingforculture.be ou sur les médias du « Delta » (site web : http://www.ledelta.be & réseaux sociaux).

Au programme, « Faire face, vu de dos », une série de six courts-métrages mettant en scène des artistes namurois, pratiquant différentes disciplines des arts de la scène : musique, performance, poésie, spectacle, stages pour enfants), dans les trois salles, sans spectateurs, du « Delta », étant vus de dos, pour faire référence à l'absence de contact avec le public, l’Etat belge tournant le dos à la Culture. Se produiront :

– Une représentation du « Groupe las Lloronas », en collaboration avec « Les Jeunesses Musicales » ;
– Un récital du guitariste Quentin Dujardin ;
– Une performance de l’artiste plasticien Benoît Félix ;
– De la poésie nomade des « Espaces Vers », avec Aurélien Dony, Jérôme Paque & Charlotte Simon ; 
– De la poésie avec la comédienne Louise Jacob ;
– Une prestation d’enfants en stage du Congé de Carnaval,… sans Carnaval.

Ces six vidéos visent à montrer que « tous » les secteurs culturels souffrent de la fermeture des lieux culturels et  proposent des actions « vivantes » d’artistes, dont les pratiques sont à l’arrêt depuis des mois et qui, depuis lors, sont privés de leur public.

Parmi les artistes programmés, soulignons la présence de Quentin Dujardin, récent auteur d’une courageuse prestation dans l’église de Crupet, son avocat, Me Jacques Englebert ayant déclaré : « Sa volonté a toujours été de pointer du doigt, de façon pacifique, les incohérences voire même les absurdités d’un pouvoir exécutif en dehors des réalités. Il est persuadé de pouvoir faire bouger les choses, à son niveau bien sûr, et revendiquer ses libertés en tant qu’artiste. » 

« L’enjeu de ce concert est très important pour la suite des événements. Il est clair que l’état de droit est en décrépitude, je n’ai fait qu’allumer la mèche. Je lance un appel au monde politique, je demande à être entendu. Je veux pointer du doigt des normes qui sont en désaccord avec nos libertés. », déclara l’artiste lui-même.

De fait, moins de 15 personnes assistaient à cette action symbolique, à ce concert,… une capacité autorisée dans une église,… mais seulement pour assister à des services religieux,… peu importe que les distances physiques aient été bien respectées,… ce qui fait que cet artiste a été honteusement, verbalisé par la police, de même que le curé et les quelques spectateurs, l’ « affaire »  étant dans les mains du parquet.

Ensemble, soutenons le secteur culturel parce que cela a plus de sens que jamais !

Revenons au « Delta », où, les espaces muséaux étant, à nouveau, ouverts, nous pourrons visiter, jusqu’au dimanche 22 février, « Vu.e de Dos – Images à Contre-Courant », une exposition consacrée à la figure humaine vue de dos dans l’art contemporain. Cette expo souhaite interroger le pouvoir subversif de l’anonymat qu’implique cet anti-portrait au regard de phénomènes actuels tels que la prolifération massive de « selfies » sur les réseaux sociaux ou les dispositifs de surveillance par reconnaissance faciale, mais aussi, tout récemment, le port du masque sanitaire, qui est venu modifier, de façon inédite, les modes d’apparition des individus dans l’espace public.

*** A l’Abbaye de Floreffe, le « Festival Esperanzah » :

Avec beaucoup d’humour, décrivant une bien triste réalité, nous pourrons découvrir, dans le haut de l’abbaye, de 14 à 15h, selon les organisateurs : « des espèces en voie de disparition… Et il y en a beaucoup. De plus en plus. Bientôt, si on n’y prend pas garde, la Culture en fera partie. Et ce serait une énorme erreur pour vous, pour nous,  pour la société toute entière. »

Comme l’écrivent les organisateurs d’ « Esperansah » : « Ce sera l’occasion de prendre un bon bol d’air et de se changer les idées en profitant  d’espèces en voie de disparition en pleine action (artistes, régisseur.seuse.s,  technicien.ne.s, programmateur.trice.s, décorateur.trice.s, attaché.e.s de presse,…) en cette magnifique saison hivernale ! »

« Après près d’un an d’arrêt et combien de conseils de sécurité, où son nom n’est même pas cité, à peine vaguement évoqué, le but de cette action est d’interpeler le monde politique afin qu’il remette la Culture au centre des préoccupations dans sa gestion de la crise. Qu’elle retrouve sa place de pilier émancipateur, garant de notre société démocratique. Que les décideurs n’oublient pas les milliers d’acteurs de ce secteur devenus quasi inexistants, invisibles. »

« Oui, nous voulons faire vivre la Culture, mais pas juste parce que la Culture nous divertit et qu’elle a une valeur marchande (ou pas). La Culture est un élément essentiel de l’épanouissement personnel de chacun.e. La Culture nous relie, elle est le tissu de nos territoires. Mais la Culture, elle est aussi et surtout essentielle au développement de notre société, et au maintien et à l’amélioration de notre démocratie. La Culture, c’est de la construction de l’avenir, de la création, de la critique, du débat, de la dépolarisation, de l’échange, de l’éducation, de la formation, de l’information, de la rencontre. Sans Culture, il n’y a pas d’Etat démocratique. »

Entrée gratuite (mais nominative et restreinte à 100 personnes, les inscriptions obligatoires étant cloturées). 

Pour plus de renseignements, consulter le site web : http://www.parczah.net.

N’oublions pas qu’au fil des vagues de « Covid-19 », nous nous trouvons dans une situation de long terme qui nécessite de sortir d’une logique d’urgence et d’exception. La crise n’est plus seulement sanitaire, elle est culturelle, démocratique, économique, sociale… 

Les organisateurs nationaux de cette journée du samedi 20 février précisent, dans leur communiqué de presse :  « Nous sommes solidaires avec toutes les personnes et tous les secteurs frappés par l’épidémie ou par sa gestion. Nous ne voulons pas d’une société qui oppose les secteurs entre eux. Nous revendiquons une approche de l’épidémie qui se soucie des risques économiques, psychosociaux et sociaux, des droits, des libertés et de la santé mentale. »

Puisse cette action nationale « Still Standing for Culture » aider à nous offrir une rapide réouverture de nos salles de cinéma, de concerts, de théâtre, nous autorisant à nous rassembler à nouveau, tout en respectant certaines mesures de sécurité… 

Yves Calbert.

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