"Tim Walker : Wonderful Things", au "C-Mine", à Genk, prolongée jusqu'au 21 février 2021

écrit par YvesCalbert
le 29/11/2020

Ode à l’exceptionnelle contribution de Tim Walker (Timothy Walker/°1970) au secteur de la photographie, tout au long de ces 25 dernières années, montée en septembre 2019, au « Victoria and Albert Museum » (« V&A » Museum), de Londres, l‘impressionnante exposition « Tim Walker : Wonderful Things »dès sa rouverture, le mardi 1er décembre, suite au second confinement culturel, nous attendra, en prologation, jusqu’au dimanche 21 février 2021, dans le bâtiment des machines du site de « C-Mine »à Genk, en prélude à une tournée internationale, qui devrait confirmer le succès rencontré au Royaume-Uni…et en Belgique

Ayant reçu, à l’ « Exeter College of Art », le troisième prix, en tant que « jeune photographe indépendant de l’année », à l’occasion de l’obtention de son baccalauréat spécialisé en photographie,Tim Walker fut l’assistant, à temps plein, à New York, du photographe de mode américain Richard Avedon (1923-2004).

De retour au Royaume-Uni, il se consacre au portrait et au documentaire, pour des journaux britanniques, réalisant, à 25 ans, sa première histoire de mode pour « Vogue », photographiant pour des éditions britannique, italienne et américaine, ainsi que pour « W Magazine » et « Love Magazine ».

C’est au « Design Museum », à Londres, en 2008, qu’il organise sa première grande exposition, dans le même temps où son livre « Pictures » est publié.

Deux ans plus tard, il signe son premier court-métrage, « The lost Explorer », tourné pour être présenté en Suisse, au « Locarno Film Festival », avant de remporter, en 2011, le« Prix du meilleur Court-Métrage », au« Chicago United Film Festival », Kit Hesketh-Harvey  ayant collaboré à l’écriture du scénario.

Son livre « Story Teller » est édité, en 2012, par « Thames and Hudsonson », alors que s’ouvre, à la « Somerset House », à Londres, son exposition éponyme.

Critiques de la presse britannique de cet ouvrage :

– pour le « British Journal of Photography » : « Vraiment magique et d’un autre monde… un aperçu fascinant du processus créatif de Tim Walker. »

– pour le « Sunday Times » :  » Un livre pour tous ceux qui ont un sens de l’émerveillement et la conviction qu’être ébloui, c’est être amélioré . « 

– pour le « Wall Street Journal » : « Extravagantes par leur ampleur et leur ambition et immédiatement reconnaissables pour leur originalité révélatrice, les photographies de Tim Walker éblouissent de vie, de couleur et d’humour. »‘

Avec la collaboration de Lawrence Mynott (°Londres/1954) et, à nouveau, de Kit Hesketh-Harvey (°Rép. du Malawi/1957) il publie, en 2007, « The Granny Alphabet », une collection unique de portraits et d’illustrations célébrant les grands-mères.

Le photographe Tim Walker est renommé dans le monde entier pour son style à la fois extravagant et romantique. Il n’avait que 25 ans quand ses premières photos de mode furent publiées dans le magazine « Vogue ». Son exposition « Tim Walker : wonderful Things » a été montée au « Victoria and Albert Museum », à Londres, par Susanna Brown dans une scénographie de Shona Heath, fidèle collaboratrice de Tim Walker. L’exposition montre quelque 150 œuvres nouvelles, dont des portraits de Margaret Atwood, Grace Jones, Tilda Swinton et Margaret Atwood, ainsi qu’une centaine de photos anciennes, présentées en première partie.

Notons qu’ayant reçu, en 2012, une bourse d’honneur de la« Royal Photographic Society »,Tony Walker fut le lauréat, en 2008, de l’ «Isabella Blow Award for Fashion Creator», du« British Fashion Council », ainsi qu’en 2009, du « Prix Infinity » de l’« International Center of Photography ».

Désormais, à Londres, la« National Portrait Gallery » et le« Victoria & Albert Museum »  incluent ses photographies dans leurs collections permanentes...

… Et c’est donc sur l’initiative de ce dernier Musée que la présente exposition, « Tim Walker : Wonderful Things » a été montée, en son sein, en 2019, par Susanna Brown, sur une scénographie de Shona Heath, sa fidèle collaboratrice.

Présente dans le Limbourg, à Genk, depuis le samedi 22 août 2020, cette prestigieuse exposition nous dévoile quelques 150 œuvres, dont des portraits de Margaret Atwood, Grace Jones et Tilda Swinton – inspirées de peintures et d’objets de la collection permanente du « V&A Museum » -, ainsi qu’une centaine de photos plus anciennes, aussi bien que des extraits de ses films tournés en Super 8, sans oublier un film comptant les amours d’un soldat de plomb avec un preux chevalier.

Dans une photo de Tim Walker tout est possible. C’est un rêve dépourvu de toute retouche numérique. Tout est réalisé à la prise de vues, avec l’appui d’accessoires réalisés par sa fidèle collaboratrice Shona Heath.

Conservatrice des photographies, au « V&A Museum », Susanna Brown a travaillé en étroite collaboration avec Tim Walker, tout au long du processus. « Il a une imagination débordante », déclare-t-elle à la « BBC Culture ».

Et d’ajouter : « L’exposition présente 10 mondes distincts, chacun avec son propre paysage sonore. Il y a un récit dans son travail, c’est un prestidigitateur, et il évoque desscènes d’imagination. Il est aussi, surtout, un artiste collaboratif. Il est comme un chef d’orchestre, ayant une vision, partagée avec ses collaborateurs, qu’il fasse un portrait ou crée un fantasme de mode. »

Son univers est tour à tour extravagant, fantasque, hyper coloré, narratif, romantique, sophistiqué, théâtral et engag, osant pratiquement tout. Ainsi, cet artiste illustre de manière magistrale la puissance du médium photographique.

Cet artiste exploite toutes les possibilités de la photographie : du portrait à des créations en extérieur, avec des  cadrages au grand angle, l’usage d’optiques déformantes, l’expérimentation des ultra-violets pour l’éclairage; sans oublier le travail en studio, dans le dépouillement total ou dans des décors richement imaginés.

Soulignons que l’exposition « Tim Walker : Wonderfull Things » (« T.W. : des Choses merveilleuses »), tire son nom de l’expression utilisée, en 1922, par Howard Carter (1874-1939), l’archéologue qui découvrit la tombe de  Toutankhamon (vers 1345-1327 avant notre ère), faisant suite à la question « que voyez-vous », répondit : « des choses merveilleuses ». 

La présente exposition, à « C-Mine » a été mise en scène par Jo Klaps – un scénographe local, professeur de scénographie à la « Faculté d’Artchitecture et d’Art » de l’ Université d’Hasselt -, qui s’est inspiré du spectaculaire design de Shona Heath, qui décalra : « Tim Walker a un esprit  exrêmement curieux et une énergie illimitée, il n’arrête jamais d’innover et ses nouvelles images sont parmi les plus spectaculaires qu’il ait jamais réalisées. »

Le début de l’exposition est ainsi présentée dans un espace blanc d’une grande sobriété. Ensuite, l’expo pranant de lacouleur, devient plus sombre, avec profusion de luxueuses textures, de couleurs et de sons. Cette exposition est donc une expérience unique, pour ceux qui connaissent déjà son travail artistique comme pour ceux qui le découvrent.  

Une salle spéciale, intitulée « Chapel of Nudes », se consacre au nu, dont il revisite le genre avec excentricité et délicatesse, car, affirme-t-il, « nous sommes tous de magnifiques nus ».

A l’occasion de son organisation à Genk, l’Echevine de la Culture, Anniek Nagels, nous confiait :“Nous choisissons nos expositions avec le plus grand soin et seulement si nous et nos partenaires sur le site sont convaincus qu’elles
lui apportent une réelle valeur ajoutée, reflètent notre ADN et celui de notre communauté.”

C’est en ces mots que l’Echevine salua l’authentique production de « C-Mine », proposée dans des décors de choix, conçus in situ, confirmant la capacité que l’ancien site minier de Genk a de pouvoir accueillir d’intéressantes expositions internationales.

Impressionnante, l’expo « Tim Walker : Wonderful Things » est la plus grande exposition jamais consacrée  à ce célèbre photographe londonien. Montée, en 2019, à Londres, au « Victoria & Albert Museum » (« V&A Museum »), elle est accueillie, à Genk, dans l’ancien bâtiment des machines, sis sur le site de« C-Mine », où elle a entrepris la première halte de sa tournée internationale, dans une scénographie librement inspirée de celle du « V&A Museum ».

Ayant plongé, pendant plusieurs mois, dans la riche collection permanente du « V&A Museum », Tim Walker a sélectionné 23  peintures et objets, ces pièces historiques étant présentées au sein de la deuxième partie de l’exposition, dans une petite salle nommée « V&A Room ». Chacune de ses photographies est une tentative de capter l’émotion qu’il a ressentie face à ces peintures et objets, avec les récits qu’ils ont suscités chez lui.

A titre d’exemple, parmi ses retenons sa créativité autour de l’oeuvre « Krishna et Indra » (environ 1590/Empire Moghol/ à l’aquarelle opaque et à l’or/sur papier/issue de la collection permanente du« V&A Museum »), qui inspira sa série « Cloud 9 » (« Nuage 9 »), pour laquelle il eut recours à 8 modèles, 3 assistants photographes,  différents responsables et assitants en coiffure, construction, maquillage, production, scénographie, stylisme …, pour un total d’une… quarantaine de personnes…

Ayant toujours été attiré par l’Inde et ses incroyables contrastes de chaos ambiant et d’harmonie cosmique, notons que ces photos de Tim Walker – rendant hommage au dynamisme et à la dimension mystique de l’Inde et à sa riche tradition du conte – furent réalisées dans des champs de fleurs du Worcestershire, riches en dauphinelles, baignant dans une intense lumière, pendant un été de canicule. Mettant en scène son amour des contrastes chaotiques de la culture indienne, il invita une brassée de créatures hybrides aux robes exubérantes, juste débarquées d’un songe psychédélique.

Autre série : « Box of Delights » (« Boîte à Délices ») :

Propos de Tim Walker : « En regardant cet objet, cela me fait penser à comment nous, en tant qu’êtres humains, nous devons construire un monde privé que nous aimons. Dans ce cas, un jardin intérieur magique. C’est un besoin humain intrinsèque d’avoir cette intimité et votre monde privé est un endroit où vous pouvez devenir ce que vous aimez. »

Série « Illuminations » :

Propos de Tim Walker : « J’éprouve une réponse émotionnelle concernant la couleur transparente. C’est spécial pour moi. Ce vitrail est une représentation touchante dégageant une atmosphère de confort et de convivialité. Le chien, le couple au lit, les pantoufles, cela me fait me sentir en paix. Le rouge vif des rideaux rappelle mon enfance alors que ma mère fabriquait des abat-jours en soie rouge, qui illuminaient la maison familiale, une lueur accueillante pour rentrer chez soi. »

Série « Lord of the Flies » (« Sa Majesté des Mouches ») :

Propos de,Tim Walker : « Je me souviens avoir lu à l’école ‘Sa Majesté des Mouches’, un reflet terriblement historique de l’homme. A 13 ou 14 ans, nous avons découvert la superbe adaptation cinématographique de Peter Brook d’un texte merveilleusement écrit. »

Série « Pen & Ink »  (« Stylo et Encre ») :

Propos de Tim Walker : « J’ai toujours été séduit par la noirceur d’encre, la confiance et l’érotisme des illustrations d’Aubrey Beardsley. Je connais son travail depuis des années, mais quand j’ai vu les tirages de près, je pouvais les visualiser immédiatement sous forme de photographies. Ses illustrations ont dû choquer durant cette période répressive de l’histoire. Il se devait d’avoir existé pour faire avancer la société ». A noter qu’ici, Tim Walker a photographié le mannequin Duckie Thot, qui, avec sa propre ombre traînant autour de sa silhouette, rend hommage aux œuvres audacieuses d’Aubrey Beardsley.

Quelques autres citations deTim Walker  :

– « Pour moi, le « V&A Museum » a toujours été un Palais de Rêves. C’est le lieu le plus inspirant au monde. »

– « Ces photographies sont une lettre d’amour aux conservateurs, currateurs et archivistes du Musée. Le travail qu’ils font est vital. »

« Ma nouvelle collaboration avec le « V&A Museum » est une méditation et un médicament… Dans mes photographies, le sens du jeu est ce qu’il y a de plus noble. »

 – « Je veux tellement montrer ce que je vois en imagination que cela devient le réel et la photo que je prends devient presque un souvenir que je ramène de ce rêve. »

« Pour moi, la photographie s’apparente au rêve. Je peux prendre en photo ce que mon imagination me laisse voir. Mais il faut pour cela que je croie, absolument, passionnément à la réalité de ce que je vois. Je veux tellement montrer ce que je vois en imagination que cela devient le réel et la photo que je prends devient presque un souvenir que je ramène de ce rêve. »

« Chaque photographie est une totale lettre d’amour adressée à un objet du « V&A Museum », parfois à plusieurs objets. Ma relation aux objets, c’est comme tomber amoureux de quelqu’un. Cela relate comment nous interagissons en tant que personnes, comment nous devenons les meilleurs amis avec quelqu’un. C’est une recherche pour un nouvel ami. »

« Quand je prends le portrait de quelqu’un, je fais beaucoup de recherches à son sujet. Je me demande : ‘qui est cette personne ? Qu’est-e qu’elle représente et en quoi croit-elle ?’  Le portrait, c’est explorer l’identité de quelqu’un et c’est une chose très tendre et vulnérable. Le portrait est une poignée de main, l’étreinte, l’accord où nous nous  rencontrons, à mi-chemin d’un chemin de collaboration. »

« Lorsque vous avez un appareil photo, il y a toujours une raison d’aller quelque part, pour vivre une aventure, parfois, lorsque vous prenez une photo, une extrême combinaison de chance et de chaos prend le dessus et vous devez danser avec le moment surprenant. Cela vous propulse à prendre des photos que vous n’auriez pas pu imaginer dans vos rêves les plus fous. C’est la magie de la photographie. »

« Quelque part, pour vivre une aventure. Parfois, lorsque vous prenez une photo, unr extraordinaire combinaison de chance et de chaos prend le dessus et vous devez danser avec le moment surprenant. Cela vous propulse à prendre des photos que vous n’auriez pas pu imaginer dans vos rêves les plus fous. C’est la magie de la photographie. »

« La photographie s’apparente pour moi au rêve. Je peux prendre en photo ce que mon imagination me laisse voir. Mais il faut pour cela que je croie, absolument, passionnément à la réalité de ce que je vois. Je veux tellement montrer ce que je vois en imagination que cela devient le réel et la photo que je prends devient presque un souvenir que je ramène de ce rêve. »

Edward Enninful, rédacteur en chef de l’édition britannique de « Vogue » confia : « Ses photographies exploitent un sentiment de possibilité. Il crée d’étranges et belles créatures dans des univers parallèles qui vous ouvrent sur d’autres mondes »« Tim Walker est un capteur de rêves », déclara, de son côté, Amanda Harlechconsultante en mode et collaboratrice de longue date de ce brillant artiste. 

A chacun d’entre nous, maintenant, de nous rendre compte, à Genk, de l’étonnant travail du photographe Tim Walker, cette exceptionnelle exposition consacrée à son œuvre constituant une expérience unique, pour ceux qui connaissent déjà son travail artistique comme pour ceux qui le découvrent.

En outre, pour ceux qui en ont le temps, c’est l’occasion de découvrir cet ancien site minier de Winterslag (1917-1988), commune ratachée à Genk, dès 1977.

Petit historique du lieu : Petite bourgade, de 3.000 habitants, à la fin du XIXè siècle, Genk voit tout évoluer en 1901, des veines de houillesvenant d’être découvertes. Rapidement, trois charbonnages sont créés, sur l’actuel territoire de Genk, les mines de ZwartbergWaterschei et Winterslag… Et c’est sur ce dernier site que s’ouvre, en 2005, « C-Mine », le premier grand projet de reconversion d’un site industriel, Genk comptant, aujour’hui, plus de 67.000 habitants

A noter que ce site accueille, également, une section de la « Luca School of Arts », une école supérieure spécialisée dans diverses disciplines artistiques, ainsi qu’un complexe cinématographique, un incubateur de start-ups, des centres culturel et du design, ainsi que son « Expédition C-Mine », le tout ayant parmis la création de 330 emplois, dont environ 200 dans le secteur de la création, au sein de 33 compagnies, faisant de « C-Mine » un  acteur économique de poids.

Ouverture de « Tim Walker : Wonderful Thing » : du mardi au dimanche, de 10h à 17h, le lundi, de 13h à 17h (fermé les vendredis 25 décembre 2020 et 1er janvier 2021). Prix d’entrée 15€ (12€, pour les personnes porteuses d’un handicap et pour les membres d’un goupe de minimum 10 personnes / 6€, de 12 à 18 ans, pour les étudiants / 0€, pour les moins de 12 ans). Pass familial : 36€, pour 2 enfants (de 12 à 18 ans) et 2 adultes. Prix combiné (incluant « l’expédition C-Mine ») : 18€ (prix plein). Catalogue (Susanna Brown & Tim Walker/« V&A Publishing »/cartonné/192 p./42€). Site web : http://www.c-mine.be.

Yves Calbert.

 

 

 

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