Dernier Week-End d'Expositions, jusqu'au dimanche 18 avril

écrit par YvesCalbert
le 16/04/2021

"Toutes les bonnes choses ont une fin", dit-on... C'est ainsi que, malgré plusieurs prolongations, consécutives à la crise sanitaire, plusieurs expositions fermeront définitivement leurs portes au soir de ce dimanche 18 avril. Alors que les cinémas et les théâtres sont fermés, le climat étant couvert, voici quelques idées d'intéressantes de visites d'expositions, en n'oubliant pas que les réservations et le port du masque sont oblgatoires, de même que le respect de la distanciation physique d'1m50 entre les "bulles" sociales.

* A Bruxelles :

*** "Choco Loco", à "Trainworld", à Schaerbeek :

Sur une scénographie de François Schuiten, par ailleurs scénographe de ce musée « TrainWorld », les chocolatiers Pierre Marcolini et Dominique Persoone nous proposent une exposition originale mettant en valeur le chocolat belge, grâce aux sculptures en chocolat des plus réussies, réalisées par Bart Steegmans et Peter Teerlinck, exposées près des locomotives et autres pièces de l'exceptionnelle collection permanente de cet étonnant musée ferroviaire.

*** "Sur les Traces de Bob et Bobette", à "Trainworld", à Schaerbeek :

Organisée à l'occasion de la sortie du 356è tome des « Aventures de Bob et Bobette »« L’Eléphant siffleur »  (Luc Morjaeu & Peter Van Gucht/Ed. « Standaard »)  - « L’Eléphant »  étant l’une des trois premières locomotives  ayant roulé, le 05 mai 1835, entre Bruxelles et Mechelen - nous remontons le temps jusqu'à cette époque, retrouvant Léopod 1er et les personnages créés par Willy Vandersteen, dans une histoire débutant dans la gare de Schaerbeek, pouvant découvrir, en vrai, la loco "L'Eléphant" dans la première salle de "Trainworld".

*** "The Light House", à la " Fondation Boghossian", à Ixelles :

Nous assistons, ici, à la mise en lumière de la Villa Empain, qui accueille une vingtaine d'artistes. De salle en salle, nous y découvrons une succession d'expériences en lien direct avec la lumière. Cette exposition couvre près de 60 ans de représentations artistiques et aborde différentes manifestations de la lumière. Elle nous invite à remettre en cause, à partir d’expériences pour la plupart immersives, les informations fournies par les sens.

* A Hornu-Boussu :

*** "Johan Muyle : No Room for Regrets", au "MAC's" ("Musée des Arts Contemporains du Grand-Hornu") :

"Personnage unique dans le paysage artistique, sachant jongler avec les règles du monde de l'art, pour mieux s'en détacheret tracer sa route comme un loup solitaire... Avec 'No Room for Regrets' ('Pas de Place pour les Regrets') - où nous sommes virtuellement accueillis par une dame Peau-Rouge prenant la température des invités au vernissage, ainsi que par une oeuvre à trois personnages : "Rien de s'y oppose" (2010) - , l'artiste livre un condensé de son univers, aussi puissant visuellement que complexe et pertinent. Un parcours entre fable visuelle, rébus social et commentaire sociopolitique", écrit © Jean-Marie Wynants, pour le "MAD" du "Soir". Réagissant à l’actualité, Johan Muyle - résumant, en une trentaine d'oeuvres, près de 40 ans de travail artistique - s’empare et détourne des faits divers et des événements historiques dans le but de dénoncer la vanité humaine, la barbarie des gouvernements, l’hypocrisie des religions et la société du spectacle, au travers d'assemblages étranges tels une chèvre dans une chaise pour personne handicapée, un rhinocéros à roulettes, des larmes (avec de la vraie eau) qui sortent des yeux du Roi Baudouinune copie de Lucy portant un bateau sur la tête (à découvrir, à l'arrière de cette création, deux séquences filmées, en clin d'oeil, l'une avec ces mots célèbres de Martin Luther King : "I have a Dream"  et l'autre avec une peinture de Gustave Courbet)... Et pour nous qui avons la nostalgie des salles de cinéma, réjouissons nous de l'idée de Johan Muyle de projeter sur un grand écran, une séquence de "Singing in the Rain" (Stanley Donen & Gene Kelly/1952), faisant face à une oeuvre lumineuse, évoluant lentement dans l'espace : "Is ther Life before Death ?" (2006). A noter que sur ce site du "Grand Hornu", le "Centre d'Innovation de de Design" nous propose, jusqu'au dimanche 25 juillet, "Après la Sécheresse", une exposition nous révélant tous les problèmes liés à l'importance de l'eau...

* A Liège :

*** "Warhol, the American Dream Factory", à "La Boverie" :

Une superbe exposition, dans laquelle, parallèlement à l'histoire des Etats-Unisnous (re)découvrons les oeuvres d’Andy Warhol, des années' 50 à 1987, ce brillant artiste de la contre-culturemiroir de son époque, qui capta l’âme de l’Amérique comme nul autre de ses contemporains. Avec ce « Pape du Pop Art », nous évoluons de ses premières illustrations à ses pochettes de disques, en passant par sa bouteille de "Coca Cola", ses boîtes de soupes "Campbell's" , ses films, ses robes et ses séries consacrées à Paul Delvaux, Jacqueline Kennedy, Marilyn Monroe et Mao Zedong, sans oublier une salle consacrée à sa « Factory » - site de la vie underground new-yorkaise - qu’il fonda en 1964.

* A Louvain-la-Neuve :

*** « En Amérique avec Tintin », au "Musée Hergé" :

A l'occasion de la colorisation de "Tintin en Amérique", dessiné et scénarisé par "Hergé" (Georges Remy/Ed. "Moulinsart"/2020), nous découvrons dans la salle d'accueil et dans la salle 8, la dernière du musee, de nombreuses planches originales, nous montrant plusieurs différences entre la version en couleur (Ed. "Casterman"/62 p./1945) et l'édition originale, en noir et blanc (Ed. « Petit Vingtième »/123 pages/1932), qui est celle qui vient d'être colorisée, certaines résultant d'une demande émanant des Etats-Unis, comme la disparition de personnages chinois, d'une nourisse de race noire remplacée par une autre de race blanche ou encore la modification de la 3è case de la page 30, nous montrant un Amérindien, qui, dans les éditions de 1932 et 2021, demande la charité, ce qui n'est pas le cas dans l'édition, en couleur, de 1945...

* A Mons :

*** "La Belgique dans tous ses Etats" et "La Belgique à Papa", au "Mundaneum" :

De 1830 à 2020, plus de 200 affiches, carricatures, cartes postales, dessins de presse, ... nous permettent de revivre l'histoire de la Belgique, incluant une évocation de la révolution brabançonne de 1787. Outre l'évocation de la révolution belge, des deux guerres mondiales, de la propagande rexiste (ainsi l'affiche "Wallonie SS vient à nous"/ 1943), de la colonisation (dont une affiche aujourd'hui politiquement incorrecte), des campagnes électorales, de la question royale, des expositions universelles, des anniversaires de l'indépendance, des sociétés de voyages ("SABENA"/1958 et "SNCB"/1927), l'accent est mis sur la résistance que possède notre pays au danger de la division, déjà évoquée, il y a cent ans, en 2021, avec une affiche titrant : "La Division de l'Armée est la Mort de la Belgique" ou encore, entre autres, une de 1929 : "België moet Kapot". Par ailleurs, plus de 70 bouteilles de bières belges (dont 3 brassées à l'occasion de cette expo), sont présentées à la gauche d'une amusante vidéo : "La Minute Belge". D'autre part l'humour belgo-belge n'est pas, dans ses expressions ("quel klet ce peye", "oufti, c'est quoi ce brol", "carabistouille", "rawette", "stoemeling", "zinneke", ..., ainsi que par les travaux de 12 carricaturistes (dont Johan de Moor, "Dubus", Philippe Geluck, Pierre Kroll, "Royer", ...), cette exposition étant basée sur l'ouvrage éponyme de son commissaire, Eric Van den Abeele (Ed. "Luc Pire"/2019/29€). En prime, une exposition de photographies, en noir et blanc, de Charles Henneghien, intitulée "La Belgique à Papa", à une époque où, comme l'écrit le photographe"les gosses jouaient à la guerre sur les terrils"...

*** "Roy Lichtenstein. Visions multiples", au "BAM" :

Présentée en huit sections, cette exposition nous offre un parcours thématique mettant en évidence l’évolution de l’œuvre de Roy Lichtenstein, par rapport à la reproductibilité mécanique des œuvres d’art, dont il a peut-être été l’interprète le plus sophistiqué. Sa recherche d’économie graphique et d’impact immédiat l’amena à explorer le plus minimal des signes : le point, cet artiste, notamment inspiré par les "comics", déclarant : "Je travaillais sur des bandes dessinées et des images publicitaires. J’ai simplement pris conscience que je pouvais faire un Picasso et quelque chose de simple en le traitant de la manière dont j’aurais traité des sujets d’art mineur." Particularité de la présente expo : seules des sérigraphies et des sculptures nous attendent au "BAM", ce qui n'enlève rien ni à son intérêt et à la qualité de sa scénographie.

* A Namur :

*** « Adjugé ! Les Artistes et le Marché de l’Art en Belgique (1850-1900) », au "Musée prov. Félicien Rops" 

« Il y a maintenant une véritable bourse d’oeuvres d’art comme il y a une bourse de commerce" écrivait Félicien Rops, en 1863, Emilie Berger, l'une des commissaires écrivant à son sujet : "Il semble... avoir finalement trouvé la formule pour être un ‘bon peintre’ et un ‘excellent négociant’ ». Des propos illustrés par ce parcours muséal mettant en relation des marchands d'art et des oeuvres d'Emile Claus, Henri De Braekeleer, James Ensor, Alfred Stevens, Théo Van Rysselberghe,.. voire même de Marcel Broodthaers.

*** "Vert Désir", au "TreM.a" ("Musée provincial d'Art ancien du Namurois") :

« Chaque pierre a une âme qui lui est propre » (Claude Arpels/« Van Cleef & Arpels »), ce que cette exposition tente de nous dévoiler, nous révélant une intéressante production artistique soulignant le savoir-faire des artisans et artistes, de la nuit des temps jusqu’à une oeuvre contemporaine de l’Anversois Jan Fabre ou des bijoux signés « Van Cleef & Arpels », certaines pièces de valeur provenant du Château de Compiègne du "Musée de l'Armée" parisien et du "Louvre", sans oublier la présence d'éléments de météorites contenant des cristaux verts. Avec ses oeuvres, nous avons rendez-vous avec l'émeraude, le jade, la malachite, le péridotainsi, la serpentine,… Mais rassurez vos portefeuilles,... rien n'est à vendre...

- Jusqu'au samedi 17 avril :

* A Namur :

*** "Mobilis", à la "Galerie du Beffroi" :

Suite à un appel à projets lancé en septembre 2020, 24 artistes namurois présentent leurs oeuvres, réalisées sur la thématique de l'exploration de l'espace et la notion de mouvement, n'oubliant pas que le mouvement c’est la vie, la rencontre et l’échange. Accueillis en ce lieu par des nuages créés, en couvertures de survie, par Xavier Mossoux, qui écrit : « Cette oeuvre à la fois poétique et politique, souhaite mettre en lumière la problématique de l’accueil des réfugiés qui, tentent de traverser les frontières, en quête d’une sécurité et d’un avenir meilleur. » Voilà qui lance fort bien cette exposition de collages, installations, peintures, photographies, sculptures et autres créations, retenues par les commissaires, Jean-Luc Martin, directeur de l' "Académie des Beau-Arts" de Namur et Bernard Boigelot, artiste exposant, lui-même, jusqu’au dimanche 23 maiau « BPS 22 », à Charleroi.

Plus qu'un week-end ! Profitons-en !

Yves Calbert.

 

 

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