"Napoléon, de Waterloo à Sainte-Hélène, la Naissance de la Légende ", au "Mémorial de la Bataille de Waterloo 1815", jusqu'au 17 Octobre

écrit par YvesCalbert
le 17/05/2021

En cette année du bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte (1769-1821), le "Mémorial de la Bataille de Waterloo 1815", sis sous terre, face au célèbre Lion, organise une exposition inédite, puisque se rapportant aux dernières années de vie de l'Empereur, d'où son titre : "Napoléon, de Waterloo à Sainte-Hélène, la Naissance de la Légende".

Pourquoi "légende", parce qu'ayant tout le temps voulu, durant son exil sur l'île britannique de Sainte-Hélène, il écrivit sa version de sa vie, de ses batailles, souvent au détriment de la véracité historique des événements, mais lui permettant ainsi d'entrer dans la légende.

Inaugurée le mercredi 05 mai, jour anniversaire de la mort de Napoléon - à l'âge de 51 ans, 8 mois et 21 jours -, cette exposition nous est proposée, à Braine l'Alleud, jusqu'au dimanche 17 octobre.

Sobrement présentée, sans le moindre décor, cette très intéressante exposition aborde 4 thématiques :

1• De la bataille de Waterloo à l’exil :
À la suite de la défaite du 18 juin 1815, Napoléon rentre en France et abdique, quatre jours plus tard, au Palais de l’Élysée. Après une étape à Malmaison, il se rend à Rochefort puis sur l’île d’Aix, où il tente de négocier un départ vers les États-Unis. Il est contraint de se rendre aux Anglais, qui l’exilent à Sainte-Hélène, île volcanique de 122 km2, sise au milieu de l’Atlantique Sud, à plus de 8.000 km de la France.

*** Contenu de cet espace : un bicorne de Napoléon - l'un des trois portés, en 1815, sur le champ de bataille, 69 bicornes de l'Empereur étant répertoriés en Europe -, une lanterne de sa berline, un pistolet à silex, trouvé dans celle-ci, un mort de bride, utilisé par l'Empereur, une longue vue de l'Etat Major, ainsi que différentes pièces en rapport avec la bataille de Waterloo, provenant du "Musée de l’Armée" de Paris, sans oublier une lettre du grand-maréchal Henri-Gatien Bertrand, par laquelle il demande de pouvoir accompagner son Empereur dans son exil, ainsi qu'à l'entrée, un gigantesque tableau du peintre français Paul Delaroche (1797-1856).

2• Le quotidien de Napoléon à Longwood :
Arrivé à Sainte-Hélène en octobre 1815, Napoléon s’installe - après deux séjours à Porteous House et aux Briars -, à Longwood. Entouré de quelques-uns de ses généraux, domestiques, il tente de maintenir une certaine étiquette de cour, le tout sous la surveillance méticuleuse du gouverneur de l’île, Hudson Lowe (1769-1844). Afin de ne pas être gagné par la mélancolie, l’Empereur s’autorise quelques promenades et s’adonne au jardinage.

*** Contenu de cet espace : des lithographies de l’île de Sainte-Hélène et de la résidence d'exil de l'Empereur, sise à Longwood, l'un des huit districts de l'île, d'où son appelation de "Longwood House", devenue propriété de la France, ainsi que des objets du quotidien de Napoléon ou de ses proches, la plupart provenant directement de la Longwood House - prêtés par Michel Dancoisne-Martineau, consul honoraire de France à Sainte-Hélène -, comme la baignoire en cuivre de l'Empereur, dont l'hygiène méticuleuse était connue, une de ses chaussures bourgeoises, contrastant avec les bottes qu'il portait lors de ses campagnes, sa canne de vieillesse, réalisée par un artisan local, une aquarelle, signée Louis-Joseph-Narcisse Marchand (1791-1876), son premier valet de chambre, du mobilier, de la vaisselle, une dizaine de queues et de boules de billard et d'autres effets personnels.

3• Les combats par la plume et l’image :
Des plans visant à restaurer l’image de l’Empereur sont échaffaudés depuis l’île de Sainte-Hélène, par lui-même et ses proches. En effet, les journées sont longues et monotones. Pour ne pas sombrer et surtout afin d’éviter que d’autres n’écrivent son histoire, il dicte ses souvenirs à plusieurs de ses compagnons d’exil, en particulier au grand-maréchal Henri-Gatien Bertrand (1773-1844), aux généraux Gaspard Gourgaud (1783-1852) et Charles Tristan de Montholon (1783-1853) et à Emmanuel-Auguste-Dieudonné, Comte de Las Cases (1766-1842), tous ces documents - qui inspireront peintres et écrivains - ayant été publiés.

*** Contenu de cet espace : prêtés par la médiathèque de Châteauroux, des ouvrages originaux issus de la bibliothèque de Sainte-Hélène, dont le fameux ouvrage d'Emmanuel de Las Cases, "Le Mémorial de Sainte-Hélène", édité deux ans après la mort de Napoléon 1er Bonaparte, six carricatures et des lithographies.

4• Le temps du héros :
La mort de Napoléon, le 05 mai 1821, l’élève au statut de figure mythique. Par son martyr, il dépasse sa condition et marque les esprits. Dès les premières années qui suivent sa disparition, en Europe, mais aussi dans le monde entier, plusieurs générations d’hommes politiques et d’artistes se réclament de son épopée, laquelle alimente le courant romantique et favorise le retour d’un Bonaparte au pouvoir, son neveu Charles-Louis Napoléon (1808-1873), devenu, en 1852, Napoléon III.

*** Contenu de cet espace : outre des tableaux, dont celui de Charles de Steuben (1788-1856), nous découvrons différents objets iconiques, dont, protégé de la lumière, un vestige du char funèbre, ainsi qu'un masque mortuaire en bronze et une mèche de cheveux, sans oublier la présence d'un sabre d'abordage et d'un chapeau de paille d'un des marins de la "Belle Poule", navire de guerre français qui - sous le commandemant de François d'Orléans, Prince de Joinville (1818-1900), fils du Roi Louis-Philippe (1773-1850) - ramena, à Cherbourg, les cendres (en fait le corps fort bien conservé de Napoléon 1er Bonaparte), son cercueil, exhumé de Sainte Hélène, le 15 octobre 1840, étant, ensuite, acheminé sur la Seine par des vapeurs avant d'être inhumé aux Invalides, deux millions de personnes s'étant rassemblées sur les Champs Elysées, ces instants historiques étant reconstitués par un court extrait du film documentaire "Monsieur N." (Antoine de Caunes/Fra.-UK/2002/ 120'), qui nous est proposé en conclusion de l'exposition.

Notons que le commissariat de l'exposition a été confié à David Chanteranne, historien, diplômé de l’Université de Paris-Sorbonne, rédacteur en chef du magazine "Napoléon 1er - Revue du Souvenir Napoléonien", attaché de conservation au "Musée Napoléon" de Brienne-le-Château, alors que le responsable culturel du "Mémorial de la Bataille de Waterloo 1815", Antoine Charpagne, doctorant en histoire contemporaine à l’UCL, conférencier et auteur, prépare une thèse sur la préservation et la conservation des champs de bataille belges et européens, du Premier Empire à la Seconde Guerre mondiale.

Lors de la visite de presse du mardi 04 mai, ils nous rapportèrent différents propos de Napoléon : "Ce n'est pas un joli séjour. J'aurais mieux fait de rester en Egypte, où je serais devenu l'Empereur de tout l'Orient". Par ailleurs répondant à une question d'un collègue, ils confirmèrent qu'il avait tenté de mettre fin à ses jours, en avalant un poison périmé, datant de la campagne de Russie, ainsi que deux évasions de Sainte-Hélène - île protégée par 600 canons dirigés vers la mer -, l'une dans l'espoir de pouvoir gagner le Texas, l'autre le Brésil. Concernant les conditions de sa détention, ils nous signalèrent que son chirurgien personnel, renvoyé en France, exagérant quelque peu, prétendit qu'elles étaient pires que celles d'un détenu de droit commun.

David Chanteranne et Antoine Charpagne tinrent, aussi, à nous rapporter que Napoléon déclara : "Il faut de la Belgique soit indépendante" ou encore, avec deux siècles d'avance : "Quand la Chine s'éveillera, le Monde tremblera". Travaillant sans relâche, ils nous signalèrent que l'Empereur pouvait écrire dans sa baignoire, tous les jours à 14h, parfois durant près de deux heures. Egalement, parmi les 120 objets exposés, dont 50 provenant de collections privées belges, ils tinrent à nous montrer une lettre autographe, rédigée en anglais, de la main de Napoléon 1er Bonaparte.

Ouverture de l'expostion : tous les jours, jusqu'au dimanche 17 octobre : d'avril à juin : de 10h à 18h30, en juillet et août : de 09h30 à 19h30, en septembre et octobre : de 10h à 18h30.

Prix d'entrée :

Exposition + Panorama + Butte du Lion : 14€ (13€, pour les étudiants et à partir de 60 ans / 07€, pour les 10 à 17 ans / 00€, pour les moins de 10 ans.

Exposition + "Mémorial 1815" : 18€, 17€, 09€, 00€.

Exposition + Pass 1815 : 22€, 21€, 13€, 00€.

Réservations obligatoires, via le site web : www.waterloo1815.be. Contacts : 02/385.19.12.

Notons qu'un carnet spécial a été pensé à l'attention de nos enfants.

Programme d'activités dans le cadre de l'exposition :

Vendredi 28 mai : Conférence : "Napoléon vu par les derniers Témoins" :
David Chanteranne, le commissaire de l'exposition, s’appuie sur les écrits des compagnons d’exil, pour nous raconter les dernières années de l’Empereur.

Mardi 15 juin : Table ronde : "Sainte-Hélène Aujourd’hui" :
Autour de Michel Dancoisne-Martineau, Consul honoraire de France à Sainte-Hélène.

Vendredi 18 juin : Commémoration de la Bataille de Waterloo.

Samedi 19 et Dimanche 20 juin : Reconsitution de la Bataille (sous réserve de l'autorisation fédérale).

Samedi 14 et Dimanche 15 août : Trophée de la Cavalerie du Mémorial (sous réserve de l'autorisation fédérale)

Dimanche 15 août : Commémoration de l'Anniversaire de la Naissance de Napoléon 1er.

Lundi 27 septembre : Table ronde : "Waterloo, la Naissance de l’Europe ?"
Autour d’Antoine Charpagne, responsable culturel du "Mémorial 1815", en compagnie d’interlocuteurs européens.

Vendredi 15 octobre : Conférence : "Napoléon est-il le Responsable de la Défaite de Waterloo ?"
Par Antoine Charpagne, responsable culturel du "Mémorial 1815".

Mardi 09 novembre : Concert : "Pipe Band" écossais et Musique de la Garde.
Diner au restaurant "Le Bivouac de l’Empereur", au pied de la Butte du Lion.

Mercredi 15 décembre : Conférence : "Les Femmes du Clan Bonaparte et leur Rapport au Pouvoir"
Par Antoine Charpagne, responsable culturel du "Mémorial 1815".

Sachant que deux des trois prix d'entrée à l'expostion inclus l'accès à la collection permanente du "Mémorial de la Bataille de Waterloo 1815", ne manquons pas de l'opportunité de la découvrir, à commencer par un diorama du champ de bataille, d'une superficie de 33 m2, réalisé par le modéliste hollandais Piet Prinsen. Nous y trouvons, fidèlement reconstitués : canons, cavaliers, drapeaux, étendards, fantassins, fermes historiques, régiments, soldats, ... Rien ne manque !

Un parcours immersif de 2.000 m2, fort bien présenté par le nouveau gestionnaire, "Kléber-Rossillon", nous permet d'admirer des armes, des tambours et d'autres objets historiques. Outre des cartes animées, nous trouvons une "allée des uniformes", forte de 70 mannequins-soldats, menant à la salle de cinéma, où nous assistons, sur un écran panoramique à 180°, à la projection de "Waterloo : au Coeur de la Bataille" (2015/25'), du réalisateur belge Gérard Corbiau, lauréat, en 1995, à Hollywood, du "Golden Globe du meilleur Film étranger", pour "Farinelli" (Bel.-Fra.-Ita./ 1994/1164). A Waterloo, son court-métrage nous plonge au coeur de la journée du 18 juin 1815, en 4 D, les images 3 D étant renforcées par des vibrations au sol, nous pemettant de revivre au mieux cet important moment de l'histoire de l'Europe.

Si nous remontons en surface, nous pouvons, à une centaine de mètres du "Mémorial de la Bataille de Waterloo 1815", gravir les 226 marches de la butte du Lion, jouissant, à 40 m d'altitude, d'une vue imprenable sur ce qui fut le champ de bataille, une table d’orientation et différentes indications nous permettant d’appréhender les mouvements des troupes, de comprendre les formations en carré de l’infanterie, les déploiements de la cavalerie.

Descendant de ce lieu le plus connu de Braine l'Alleud, édifié, en 1826, à la demande du Roi des Pays-Bas, Guillaume 1er (1772-1843), nous découvrons, dans un batiment circulaire, le Panorama de la Bataille, réalisé, en 1912, par l'artiste-peintre parisien Louis-Jules Dumoulin (1860-1924), qui fut exposé, en 1900, à l' "Exposition Universelle de Paris". D'une hauteur de 12 mètres et de 110 mètres de circonférence, avec l'appui de son dispositif sonore, nous nous retrouvons en immersion totale au cœur de la bataille, étant cerné, de toutes parts, par les scènes de combat, bruits de sabres, charges de cavaleries et tirs de canons.

Enfin, à proximité immédiate, nous trouvons la "Ferme d'Hougoumont", alors occupée par les Alliés, dernier témoin de la bataille du 18 juin 1815, cadre de combats des plus violents, les assauts français, des plus meurtriers, y étant refoulés, alors qu'aujourdhui, une installation multimédia inédite y raconte l’histoire de « la bataille dans la bataille ».

Yves Calbert.

 

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