Houffalize : un culte gay-friendly ?

Saint-Sebastien, eglise de Houffalize. Remarquer l'implantation des fleches, dont l'une perpendiculaire, au nombril. Saint Sebastien, Houffalize. Remarquer les traits du visage, et l'mpression generale, "gay". Un saint Sebastien "herisson" antipesteux,1490 (Milan). Autre saint Sebastien "herisson" antipesteux". Prefigure "l'anti-sida". Saint Sebastien avec traits gay, par El Greco, 1610. Saint Sebastien en pierre, par Pessas, danas le Loiret (XVIIIe). Traits communs avec celui de Houffalize. Un saint Sebastien moderne, de J. Moreeuw, artiste belge, 1997.

Hypothèse : le saint Sébastien sculpté vers 1690 à Houffalize, et y exposé, est-il un emblème gay-friendly ?
Cet article fait suite à deux autres dont les liens figurent ci-dessous.
En ce siècle-là, alors que les arts plastiques présentent des Sébastien sous une apparence homoérotique, Pécourt a-t-il franchi le pas vers l’homosexualité, admise à notre époque qui a hissé saint Sébastien dans les fonctions de patron des gays et du protecteur contre le sida?
Pécourt a-t-il figuré, sculpté, encouragé l’inconcevable : l’homosexualité ?

Cinq flèches
L’une dans la cuisse, l’autre dans le bras. Classique.
Les trois autres sont paradoxales, insoutenables.
L’une pénètre par le flanc droit, l’autre entre en plein cœur. La trajectoire imparable de la lance qui a transpercé le cœur de Jésus, et, pire, un inadmissible coup de grâce. Trop c’est trop. Deux sacrilèges ?
L’intention de Pécourt est peut-être d’affirmer la grandeur de Dieu qui par un miracle a sauvé la vie de Sébastien ou la lui a rendue. De sublimer son message. D’affirmer la prééminence du christianisme sur le paganisme, quelques années avant l’édit de Milan (313).

La cinquième flèche, dans la zone ombilicale
Une flèche, c’est aussi le missile du coup de foudre par lequel le dieu Éros-Cupidon médusait. Remarquons que si le spectateur est face au saint, c’est à lui que Pécourt a fait envoyer cette cinquième flèche, la seule perpendiculaire.
Et c’est au nombril que le spectateur, qui s’identifie à Éros, atteint le dieu Apollon de l’amour christianisé.

Le nombril, centre du moi
XXIe siècle. Depuis une cinquantaine d’années, en Occident, l'ombilic est exhibé dans le septième art. Ce qui était interdit à Johnny Weissmuller, Tarzan dans les années 30 !
La cinquième flèche, c’est le spectateur qui s’introduit dans l’égo réifié du beau Sébastien.
Car si notre regard ne verse pas dans le mysticisme, qui d’entre nous viserait à bout portant la cicatrice originelle qui prosaïquement relie une victime à sa mère ?
La cinquième flèche, c’est un piercing doré qui valorise « le bourgeon charnel érotique de notre anatomie » (Marie Huret). Qui sublime la figuration de notre narcissisme et l’outil de notre séduction.
D’ailleurs, les jeunes filles aujourd'hui ne se privent pas d’accentuer la séduction de l’appas de leur nombril par un piercing,
C’est par là que pénètre le symbole phallique dans un premier chrétien martyr canonisé, à qui certains prêtent une relation de favori avec l’empereur Dioclétien.

Conclusion
De tous les Sébastien de tous les âges urbi et orbi que nous avons pu examiner en façonnant cet article, c’est celui de Pécourt, le Sébastien de Houffalize aux trois flèches meurtrières singulières et au bras levé comme à la gay pride, que nous croyons pouvoir être considéré comme l’icône homosexuelle gay la plus éloquente.
Dans un bloc de chêne rudement ardennais, Pécourt aurait donc représenté mieux que tout autre artiste une allégorie abstraite combien moderne : la sympathie de Dieu pour les gays et un gage de son assistance dans leurs épreuves.
Cette sculpture dans la pénombre figurerait l’indulgence de Dieu gay-friendly.

René Dislaire © Houffalize, le 23 juin 2017

Présentation: L’église Sainte-Catherine de Houffalize abrite-t-elle un Sébastien figurant l’allégorie de Dieu ouvert aux gays et partant à la communauté LGBT?

Liens: Jean Pecourt, sculpteur houffalois du XVIIe siècle, son saint Sébastien...
Trois articles, chacun peut être lu indépendamment l'un de l'autre, ou dans cet ordre:
* 1. Saint Sébastien, autel de Ste-Catherine à Houffalize : Jean Pécourt - 2017
* 2. Le St-Sébastien de Jean Pécourt : Houffalize rencontre l’homoérotisme. Jean Pécourt - 2017
* 3. Houffalize. Un culte gay-friendly? - 2017

Du même auteur, sur Sainte-Catherine à Houffalize
La Ste-Catherine à Houffalize: histoire, légende et traditions
Expressions sur Ste-Catherine en wallon
Photos de la foire Ste-Catherine en 2007
Une histoire d’aigle, pas à Pathmos mais à Houffalize

Commentaires

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Saint Sébastien: un détournement pour justifier un interdit?

R. Dislaire: Voici un commentaire de Ph. J. Elias, réaction "à chaud" dans un groupe fermé de fcbk, qu'il nous autorise à reproduire ici.
Il y émet des réflexions que nous estimons pertinentes pour nourrir un surplus de réflexion de nos lecteurs.
Merci Philippe.
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Ph. Elias: J'ai lu l'article. Je trouve juste dommage de dire que la sympathie de Dieu pour les gays et un gage de son assistance dans leurs épreuves… Je n'ai rien contre les gays ni les reptiliens ni contre une armée secrète de nains cachée dans la vallée des Nutons, je trouve dommage qu'avec le temps les choses se banalisent.
Prier Dieu dans les épreuves est une chose, une chose qu'il voulait ; prier des idoles en est une autre qu'il condamne fermement, ainsi que l'homosexualité.
Cee n'est pas à Dieu de s'adapter à la conscience des hommes mais aux hommes de s'adapter à la volonté de Dieu.
Moi quand j'ai un problème de conscience je me dis toujours : « et si Dieu ou Jésus était là, que ferait-il? Les réponses sont toutes trouvées.
Certes l'art est beau mais faire de l'art Catholique (je dis bien : Catholique) qui se dit chrétien, donc en désaccord avec le vrai christianisme puisque idolâtrie de Saint, et par un vicieux stratagème détourner un saint un peu nu dans le seul but de soulager un vice puni de Dieu, est le produit de consciences élastiques.