Mots et expressions provenant d’Espagne

maieur (ici, titre d'une roman d'Arthur Masson) floche Amigo, Bruxelles

Il n’y en a guère. Et pourtant, ce qui est actuellement la Belgique a été sous régime espagnol pendant presque deux siècles (hormis la principauté de Liège et le territoire de l’abbaye de Stavelot).
En outre, une relation étroite a existé du XIIe au XVIIIe siècle, et nombreux sont ceux de chez nous qui se familiarisèrent avec l’espagnol pendant leur pèlerinage à St-Jacques de Compostelle.
Maïeur, de mayor.
Quartier, désignant un appartement, de cuarto, même sens. Donc rien à voir avec un quart, d’où vient « quartier » d’une ville.
Estaminet, de estamentos, assemblée des Cortès : c’est en entendant la cacophonie sonore dans les cafés flamands que les Espagnols leur ont donné le nom, par analogie, de leur chambre des députés.
Caracole : coquille en spirale, et promenade circulaire des prêtres.
Prends garde ! de « guarda ! » , attention !
Harké, mot implanté, curieusement, dans le wallon de la région de Liège. Un outil agricole, pour porter des charges réparties sur chaque épaule. Ou une sorte de fourche.
À la bonne heure ! de enhorabuena.
Amigo, prison communale. Amigo signifie « ami » en espagnol. En Flandre à l’époque, le mot « vrient » signifiait ami, et « vreunte », la prison (il y a une rue de l’amigo à Bruxelles). Donc, en raccourci : ami= amigo=prison.
Mastouche, toqué : vient du mot signifiant « plante capucine ». allez savoir pourquoi !
Licencié, de licencia, diplôme. Con licencia, un homme instruit, important.
Floche, de flojo, mou (origine discutée)
Isabelle, couleur beige foncé, de la couleur de la robe blanche d’Isabelle la Catholique, qui avait promis de n’en point changer tant que durerait le siège de Grenade jusqu’à la fin de la Reconquista (1491-1492).
Quant au nom de la ville de Charleroi, c’est par Anvers et Bruges que l’espagnol a pénétré la Belgique.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les noms de famille se terminant en « ez » n’ont rien à voir avec une ascendance espagnole. Au début, le français, comme le latin dont il est issu, ne comprenait que des « e », qui se sont transformés en «é » « è », ê » ou « ez » pour être accentués : Bouchez, Nombluez, Dewez, e t autres Biermez sont donc des noms bien de chez nous.
Houffalize, le 19 mars 2016

René Dislaire

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