Parler football autrefois

Autrefois, dans nos zones rurales, le football était pour ainsi dire la seule distraction pour les hommes.
Bien des termes techniques étaient anglais. Or personne ne connaissait la langue de Shakespeare. Que de mots estropiés ! Ajoutez-y le piment de quelques expressions en français disparues.
Anthologie d'un dictionnaire footballistique wallon-anglais
Fotball, prononcé comme ça s’écrit
Pènanty, pèlanty, penalty
Draw, match null
Tro’in ( prononcer comme “troiy hîn’), rentrée en touche
A nous se dit quand la balle a franchi la ligne de touche, quel que soit le responsable. "C'èst à zèls di fé a nous", c'est à eux de faire la rentrée en touche.
Linèsmèn, juge de touche. À noter que ceux-ci pouvaient être des bénévoles appartenant aux clubs : (impartialité garantie! De Linèsmèn, il y avait toutes sortes de variantes allant jusqu’à « mes semelles »…
Faire un char : une trace au sol lacéré sur plusieurs mètres, quand un défenseur glissait dans la surface, une surface bien souvent boueuse.
Dègager, chotter en chandelle : chandelle, comme aujourd’hui, sinon que le mot était hurlé à presque tous les dégagements, le gardien shootant la balle en l’air le plus haut et le plus loin , au hasard, sans se soucier de l’emplacement des équipiers.
Ârbite di chocolât, insulte très fréquente adressée à l’arbitre… Allez savoir pourquoi.
Jouer goal (ou au goal), back gauche ou back droit, half gauche, centre-half, half droit : les mots gardien, défenseur (ou libero), défenseurs, médians étaient inconnus.
Le tîme, half time, la mi-temps
Hopsey, ( prononcer « seille ») hors-jeu
Cornèr, coup de coin
Hèns : (hands), faute de main
Un chott’, chotter : l’expression tir(er) au but n’existait pas (et encore moins « tir cadré »).
Piter, c'est chotter, mais souvent péjoratif, vraiment comme ... un pied. Ou alors à l'adresse d'un joueur qui hésite.
Vûdeu!, insulte à l'adresse d'un joueur qui met volontairement la balle en touche.
Cinéma ! quand un joueur à terre mettait du temps à se relever (ou tombait pour simuler être victime d’une faute).
Pas mal d’anciens n’ont jamais connu d’autre cinéma que celui-là…

René Dislaire - © Houffalize, le 24 mars 2016

Photo : collection privée Louis Dislaire
L’Entente Houffalize, championne Div. 3, série D, 1951-1952
Accroupis : Justin Dubru, Walther Jacoby, Jules Valentin, Fernand Dislaire (Nannan)
Debout : Jean Kempeneers, Victor Dislaire (Totor) , Jacques Simonis, André Depierreux, Alphonse Maréchal, André Dislaire (Dédé), Ghislain Ravaux et le président : Louis Jacqmin.
Terrain après la guerre, au Pont de Bois, en face de chez Louis Crins (« Aux Ramiers »). À l’arrière, la scierie Houffabois et Saint-Roch.

Du même auteur, vie quotidienne dans les années 50:
Le jardin de ma mère = années 50 = 16 quatrains en alexandrins – mars 2016

Du même auteur : Le wallon (dialecte), région de Houffalize
Au 16.07.2017
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